37 positions originales pour faire les devoirs

Rester assis pour apprendre (et pour travailler) est une hérésie ! Notre corps n’est pas fait pour cela, notre cerveau s’est développé parce qu’on bougeait. L’animal que nous sommes est organisé pour apprendre en bougeant. Comment redonner du mouvement pour permettre d’apprendre ? Voici 37 positions à tester avec les enfants en faisant les devoirs. (vous allez voir, certaines ont peut-être déjà été testées par vos enfants, assez naturellement…)

(Bon, à la relecture, je m’aperçois que cet article est un peu long. Pour les plus pressés, je vous conseille de glisser directement vers la dernière partie avec les conseils. Mais, pour les autres, lisez l’ensemble : c’est passionnant :-))

Assis à son bureau : la meilleure position pour étudier ?

En 1965, Abraham Lass et Eugene Wilson publient un Manuel de l’étudiant dans lequel ils expliquent qu’il faut privilégier « une chaise simple, robuste, à dossier droit et sans rembourrage. On étudie mieux quand on n’est pas trop à son aise ou pas trop décontracté. (…) Pour des raisons évidentes, évitez d’étudier dans un canapé, un fauteuil ou un lit. » Deux psychologues américains de l’université de Californie, MM. Gifford et Sommer ont voulu tester cette recommandation. Ils ont étudié les méthodes de travail de 331 étudiants et analysé leurs performances scolaires. Résultat ? Rien, nada, nichts… Aucune preuve flagrante (même pas le bout du commencement d’un soupçon de lien) qui prouve qu’avoir travaillé assis à un bureau avait un quelconque impact positif sur les études… Alors on oblige nos enfants à rester sagement assis à leur table uniquement parce qu’on nous a demandé de le faire quand on était petits ?

Rester assis a des effets négatifs

Rester assis le dos bien droit. C’est ce qu’on recommande. Et pourtant, cela a des impacts sur notre santé. «Cela favorise le mal de dos puisque l’on fait tout le temps travailler les mêmes muscles», explique Frédéric Srour, kinésithérapeute et ergonome. De la même façon, il n’est absolument pas interdit de s’avachir, «à condition de ne pas rester dans cette position trop longtemps».

«La position droite en est simplement une parmi de nombreuses autres. C’est plutôt l’alternance des postures qui est favorable.» En pratique, n’hésitez pas régulièrement à bouger le dos, basculer le bassin en avant, creuser le dos, l’arrondir… «Cela fait travailler différents muscles», indique Frédéric Srour. L’idéal est ainsi de ne pas attendre d’avoir mal et de s’habituer au mouvement.

On apprend mieux en bougeant

Dans son blog, papapositive cite le livre “Apprendre à se concentrer”, de Florence Millot : la position assise contraint le développement naturel de l’enfant”. En restant assis sur une chaise à l’école, le périmètre de découverte de l’enfant « serait diminué de 90%« . Idem à la maison quand il fait ses devoirs.

Le cerveau a été inventé pour gérer le mouvement

Pourquoi ? Parce que le cerveau humain est apparu, au cours de l’évolution, pour gérer la coordination de mouvements complexes. Dans son livre « Faites danser votre cerveau« , Lucy Vincent rappelle que des animaux comme la méduse ou l’oursin n’ont pas de cerveau, car leur survie est garantie par une simple série de réflexes. C’est l’évolution vers un corps complexe qui a imposé l’existence d’un cerveau

En 1995, Antonio Damasio , dans son livre « L’erreur de Descartes », dénonça, après trente ans de recherches, le dualisme corps-esprit. En effet, c’est par le corps (et la cartographie permanente que ce dernier élabore des moindres sensations), que l’Homme pense et se souvient. Il apparaît que le cerveau humain, principal organe de survie, se soit développé en marchant 20 kilomètres par jour…

« Le développement de notre cerveau dépend donc des nombreuses expérimentations que font tout naturellement les enfants laissés libres de leurs mouvements : tout goûter, tout éprouver, tout toucher… » – Lucy Vincent

D’après elle, c’est le mouvement qui crée l’intelligence et les élèves étouffent leur potentiel cérébral en restant immobiles. Il est donc inefficace et même néfaste de dire aux enfants (et adolescents) : “Tiens toi tranquille”, « arrête de bouger” pour apprendre.

Bob Murray, pédiatre américain (chercheur à l’Ohio State University), a même compilé des études qui montrent que les enfants apprennent mieux après une pause au cours desquelles ils ont pu bouger et jouer.

L’activité physique dynamise le cerveau

Cela a été prouvé scientifiquement:

  • En augmentant le rythme cardiaque, l’activité physique favorise l’irrigation des tissus et incite les vaisseaux à produire de l’oxyde nitrique. Cette puissante molécule augmente le débit sanguin et permet le développement de nouveaux vaisseaux profonds pour transporter le plus de nourriture et favoriser l’élimination des déchets. Les mêmes effets ont été observés sur le cerveau spécifiquement au niveau de l’hippocampe, impliquée dans la mémorisation.
  • L’activité permet également l’émission d’une protéine, le FNDC , qui agit comme un fertilisant sur les neurones et permet de les conserver jeunes et en bon état ! Autrement dit, plus vous faites d’activités physiques, plus votre cerveau s’active facilement !
  • Dans l’effort, l’hypothalamus et l’hypophyse libèrent de l’endomorphine, molécule proche des opiacés qui apporte du plaisir. Ceux qui pratiquent régulièrement 30 minutes d’activité physique quotidienne, libèrent ainsi 5 fois les taux d’endorphine au repos.
  • L’activité met en mouvement l’esprit. Sabine Schäfer, chercheur en psychologie à l’Institut Max Planck à Berlin, a ainsi montré les bienfaits de la marche sur nos capacités intellectuelles. Un échantillon d’enfants et d’adultes ont passé des tests d’attention assis devant un bureau, puis en marchant à la vitesse de leur choix sur un tapis roulant. Les taux d’erreur étaient systématiquement moins élevés pour les marcheurs.
  • John Ratey, professeur agrégé de psychiatrie à la Harvard Medical School, suggère que l’activité physique a un autre effet bénéfique sur les élèves : la motivation. « Les enfants ont d’avantage envie d’aller à l’école car c’est amusant de faire ces activités ».

Plus un enfant est jeune, plus il lui est difficile de rester immobile et attentif. Le temps maximum d’immobilité qu’on peut raisonnablement demander serait de 10 à 20 minutes en primaire; de 30 à 40 minutes pour des élèves de collège et lycée.

On en est bien loin ! Alors, ne reproduisons pas ce schéma avec les devoirs le soir ou le week-end! Voici quelques idées de positions à tester d’urgence 🙂

37 idées de positions à tester

J’ai repris beaucoup d’idées du blog grandir zen, dont je vous recommande chaudement la lecture 🙂

Voila ce que nous pourrions proposer à nos enfants, en faisant les devoirs. ce qui va vous faire bizarre, c’est qu’il y a sans doute un grand nombre de gestes qu’ils font naturellement… et on leur demande de se tenir droit, arrêter de bouger… De manière générale, il faut que le mouvement ne leur demande pas un effort de concentration plus grand que le concept à apprendre.

exemple de sauts sur les dizaines, sur le site de Julie Horvath
  1. S’asseoir sur un ballon ou sur un coussin d’eau : oblige à essayer de garder l’équilibre, ce qui stimule l’apprentissage
  2. Mettre des balles de tennis sous les pieds
  3. Installer un élastique entre les pieds de la chaise
  4. Varier la hauteur des chaises et changez régulièrement de chaise : basses (coussins), normales, hautes
  5. Mettre les pieds sur un skate sous le bureau (testé avec mon fils :-))
  6. S’asseoir sur un vélo au lieu d’une chaise classique (pas forcément simple, dans certaines écoles du Québec, ils ont installé des pupitres à pédales)
  7. Travailler debout (changer la table de sorte à permettre d’avoir plusieurs hauteurs)
  8. Se balancer : avec une chaise à bascule, c’est mieux. Ce mouvement détend et aide à se recentrer.
  9. Tourner avec la chaise du bureau
  10. Si vous avez un tapis de marche, apprendre en marchant sur ce tapis peut etre un très bel exercice
  11. Allongé sur un skate en roulant (cf video ci-dessous)
  12. Ramper
  13. Faire des pompes
  14. Faire une marelle, sauter sur place
  15. Faire des paniers : avec des boules de papier ou des petites balles, réviser en les envoyant dans la poubelle, comme un panier de basket ou lancer sur une cible au mur / par terre
  16. Apprendre en bougeant ses mains : par exemple apprendre l’orthographe, avec un objet dans les mains, en scandant les lettres (cf video ci-dessous)
  17. Marcher de long en large : les acteurs apprennent bien leur texte debout en marchant, cela est très utile pour apprendre les textes par coeur (poésie, cours, …). Encore mieux si on déclame à voix haute.
  18. Marcher en suivant une ligne au sol, parfois avec une cuillère dans la bouche portant une balle de ping pong
  19. Marcher, sauter, se déplacer sur des objets : des lettres (quand on veut épeler un mot), une frise chronologique (en histoire)
  20. Danser
  21. Changer de pièce (voire passer d’un étage à l’autre) (par exemple pour mémoriser l’orthographe des mots d’une dictée en lisant le mot dans une pièce puis en l’écrivant dans une autre);
  22. Equilibre : on peut, par exemple, apprendre une leçon en se tenant sur un pied. Le fait d’être obligé de garder l’équilibre oblige à se concentrer.
  23. Faire des mouvements avec les yeux
  24. Mimer les leçons : faire comme si on voulait souffler la réponse à un copain qui est au tableau sans que le prof nous voie
  25. Mimer des scènes historiques ou littéraires : jouer Napoleon, ou la prise de la Bastille…
  26. Lier des concepts abstraits à des gestes physiques : en maths, on peut mémoriser les mesures des angles en ouvrant plus ou moins les bras ; on peut aborder les additions par la pesée. En français, on peut écrire des mots dans l’espace ou dans le dos. En histoire, on peut retenir une date ou un code grâce aux mouvements faits par la main sur un clavier numérique
  27. Inventer des repères gestuels pour mémoriser ses leçons compter sur ses doigts le nombre d’idées principales d’un texte et les citer au fur et à mesure qu’il lève ses doigts.
  28. Pianoter : sur ou sous la table, sur ses jambes (en faisant le moins de bruit possible)
  29. Malaxer une balle molle ou de la pâte à modeler
  30. Secouer / faire tourner son crayon
  31. Dessiner ou gribouiller
  32. Découper des papiers avec des ciseaux
  33. S’asseoir par terre
  34. S’allonger la tête en bas
  35. Faire les pieds au mur
  36. Faire des pauses (dans certaines écoles américaines, il y a 4 récréations par jour)
  37. Rattraper un ballon au moment de répondre à une question

Voila ce que cela peut donner, en pratique 🙂

Voici deux liens pour aller plus loin pour ceux que ce thème passionne :

Commentaires

2 comments on “37 positions originales pour faire les devoirs”
  1. Solenne dit :

    Là encore, on a beau être ouvert à tout ça, malheureusement ce qu’on nous a appris petit ressort souvent: « tiens-toi droit », « tiens-toi bien pour apprendre »….
    Il faudrait vraiment apprendre à lâcher prise sur les postures pour les laisser apprendre comme ils le sentent.
    Mais je crois qu’on craint tous les mauvaises postures et les problèmes de dos qui peuvent en résulter.
    J’aime beaucoup l’idée 21!

    Aimé par 1 personne

    1. Valérie dit :

      Je crois qu’il n’y a pas tellement de risque pour le dos si ils bougent en fait. Le problème c’est justement de rester droit trop longtemps!

      J'aime

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