Conter des histoires

Dans cette rubrique, j’interviewe un jeune sur la manière dont il appréhende les notions d’apprentissage et de plaisir. Je l’écoute sur ce qu’il changerait dans la manière d’enseigner aujourd’hui et ce qu’il conseillerait aux parents pour susciter l’envie d’apprendre. 

Aujourd’hui, j’interviewe Erwann, 14 ans.

Les mots « apprendre » et « plaisir » peuvent-ils aller ensemble ?

Erwann : Oui et non. Je pense qu’on peut apprendre de différentes manières. Il y en a de plus plaisantes que d’autres. Il me semble que certaines personnes présentent les apprentissages sous une forme trop rigide, dans un cadre étroit et contraignant. D’autres peuvent présenter la même chose de manière moins « scolaire », sous forme de jeu par exemple. Je suis plus sensible à la deuxième approche. Pourtant je pense que l’approche plus scolaire convient à d’autres profils d’élèves. Donc pour moi, « plaisir » et « apprendre » ne vont pas systématiquement ensemble mais  il est possible de les associer en changeant quelques paramètres dans les méthodes d’enseignement…

Tu parles de manière de prendre les sujets. Est-elle intimement liée à des profs ? En d’autres termes, as-tu connu des profs qui t’ont donné envie de t’intéresser à des matières et inversement des profs qui t’ont fait abandonner une matière que tu aimais ?

Erwann : Oui, tout à fait. Il y a des profs qui m’ont donné envie d’apprendre et d’autres pas. Certains réussissent à me faire vivre la notion, tellement que j’en oublie que j’apprends. Certains ne sont pas sympas, trop stricts. 

Les maths, par exemple. Ce n’est pas une matière que j’aimais jusqu’à cette année. Je trouvais le professeur trop compliqué. J’avais l’impression qu’il ne faisait aucun effort pour m’aider à comprendre les notions. Cela ne me donnait aucun envie de faire des efforts. Cette année, je suis tombé sur un prof qui mettait une bonne ambiance dans la classe, qui faisait des blagues et rigolait. Cela m’a mis dans de bonnes dispositions. Ensuite, j’ai découvert qu’il était très à l’écoute des élèves, et était prêt à répéter, même jusqu’à la fin de l’heure de cours, si on n’avait pas compris. Cela m’a donné envie.

Autre exemple, l’histoire. C’est une matière que j’aime particulièrement. Mais que j’aime encore plus cette année grâce à la magie que sait créer la prof durant les cours. Elle ne fait pas un cours, elle « raconte » l’histoire. Tellement, qu’on est totalement immergé dedans. Conclusion, je retiens tout ce qu’elle dit, et quand je sors du cours, non seulement j’ai tout compris, mais en plus je sais déjà tout, je n’ai même pas besoin de réviser pour retenir la leçon. Et j’ai envie d’écouter la suite.

Comment aimes-tu apprendre ?

Erwann : En fait, je crois que j’aime bien découvrir par le biais d’histoires. Quand on me raconte des histoires, je suis fasciné et je rentre dedans. Quand j’étais petit, j’ai adoré une série de livres qui s’appelaient « la cabane magique ». J’ai appris beaucoup de grandes notions d’histoire ou de sciences grâce à ces petites aventures. Plongé dans l’histoire du héros, je ne me rendais pas compte que j’assimilais plein de notions supplémentaires.

Si tu avais une baguette magique pour changer le système scolaire et rendre l’apprentissage plus ludique, que ferais-tu ?

Erwann : c’est une vraie question philosophique, ca ! En fait, je crois que je donnerais deux coups de baguette, pas un seul. Mon premier coup de baguette, il serait pour les profs. J’aimerais qu’ils demandent à la fin de chacun de leurs cours si le cours a été intéressant, et ce qu’on pourrait faire pour le rendre plus intéressant. Mais cela ne marcherait que si je peux donner mon second coup de baguette magique aux…. élèves pour que tous jouent le jeu. Il y a des élèves qui s’en fichent, qui n’aiment pas l’école par principe. Et si on donnait la parole à ces élèves, sans coup de baguette, ils prendraient un malin plaisir à tous dénigrer, et on n’avancerait pas. On ne peut pas les obliger à aimer. Il faudrait les prendre un par un.

En attendant ta baguette magique, quel conseil donnerais-tu aux parents ?

Erwann : J’ai une idée, mais je ne garantis rien. Il faudrait essayer de trouver une activité qui plait à leur enfant. Et, à la fin, lui faire prendre conscience de ce que cette activité a un lien avec la matière en question. « faire prendre conscience par soi-même », je crois que c’est vraiment le plus important. Je crois qu’on n’écoute jamais vraiment du premier coup les conseils qu’on nous donne. Il faut faire prendre conscience chacun par une expérience réelle, concrète. Ce n’est qu’une fois qu’on a vécu cette expérience que peut-être on écoute ensuite. Pour moi l’expérience est primordiale.

Merci Erwann d’avoir répondu à mes questions.

Et vous, avez-vous déjà posé ces questions à vos élèves ou à vos enfants ? Savez-vous ce qui génère du plaisir d’apprendre ? Partagez vos expériences.

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Commentaires

2 comments on “Conter des histoires”
  1. lolita1512 dit :

    Article très intéressant et tellement parlant .
    Je pense également que l’enseignement doit être une vocation et non un travail.
    Le plaisir de la transmission est visible lorsque l’on fait ce que l’on aime

    Aimé par 1 personne

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