Les 9 formes d’intelligence

Il y aurait des matières sérieuses, et de matières qui ne sont pas sérieuses. Par exemple : avoir un 5/20 en maths, serait plus grave qu’un 5/20 en musique… C’est ce que nous avons appris depuis notre enfance : les sciences, les maths, le français, l’histoire géo sont classés dans notre tête comme des matières nobles. Conclusion : nous reproduisons ce schéma avec nos enfants. Et si on se trompait lourdement ? 

La théorie des intelligences multiples

En 1983, Howard Earl Gardner, psychologue américain, publie un livre intitulé « Frames of Mind : the theory of multiple intelligence » (Les formes de l’intelligence aux éditions Odile Jacob) dans lequel il explique qu’il n’y a pas UNE forme d’intelligence, mais NEUF ! Or l’école n’en privilégie que deux, l’intelligence verbale et l’intelligence logico-mathématique. Les élèves qui ne possèdent pas ces deux formes d’intelligences mais plusieurs des 7 autres sont alors étiquetés comme nuls. Ils terminent leurs études avec la conviction qu’ils sont nuls alors qu’ils ont de vrais talents. Mais ils n’ont pas appris qu’ils les avait et pas non plus appris à s’en servir. Certains chercheurs estiment d’ailleurs que 80 % des échecs scolaires ont pour cause la non-reconnaissance et la non-utilisation des intelligences fortes des enfants.

Chacun a donc des talents particuliers pour réaliser des choses, comprendre facilement. Des talents qui ne lui demandent aucun effort. En revanche, s’il doit faire appel à une forme d’intelligence qu’il ne maitrise pas, cela devient un véritable effort, voire une souffrance pour lui.

Quelles sont ces différentes formes d’intelligence ?

Les 9 formes d’intelligence

L’intelligence verbale 

Elle est définie par Gardner comme la « capacité à utiliser et à comprendre les mots et les nuances de sens ». Une personne douée de cette intelligence sera habile avec les mots, et saura s’exprimer avec précision. Elle fait partie des deux formes d’intelligence les plus développées par l’école. C’est notamment sur celle-ci qu’on va juger un devoir de français, d’histoire géo ou encore de philosophie.

Comment la reconnait-on chez son enfant ? il parle facilement, aime raconter des histoires ou en écouter, aime jouer avec les mots, les écrire.

Pour avoir plaisir à apprendre, l’enfant aura besoin de traduire en mots, en histoires chacun des concepts. Il aimera jouer avec les mots, avec les rimes, les sonorités. Pour apprendre des mathématiques, il sera intéressant de lui raconter des histoires, ou mettre les formules en poème.

Intelligence logico-mathématique

C’est la capacité de résoudre des problèmes de nature logique ou abstraits. Gardner précise « les mathématiques ne font pas appel seulement à la logique mais également à la capacité de manipuler de longues chaînes de relations logiques exprimées sous des formes symboliques ». Une personne qui dispose de cette forme d’intelligence sait parfaitement analyser les causes et les conséquences d’un phénomène et expliquer le pourquoi des choses. C’est la deuxième forme d’intelligence favorisée et développée par l’école, via les mathématiques et les sciences. C’est aussi celle qui est testée dans les tests de QI. Développer l’intelligence mathématique permet de s’organiser, prendre les bonnes décisions, d’analyser et résoudre les problèmes que l’on rencontre.

Comment la reconnait-on chez son enfant ? il pose beaucoup de questions, veut comprendre les raisons, aime expérimenter de manière logique, adore les puzzles, les casse-tête, les jeux de déduction comme le Cluedo.

Pour avoir plaisir à apprendre, l’enfant aura besoin de comprendre la logique, de décortiquer les tenants et les aboutissants. Un enfants doté d’une intelligence logico-mathématique appréciera apprendre sous forme d’énigmes par exemple.

L’intelligence corporelle-kinesthésique.

C’est la capacité à utiliser son corps avec dextérité, à faire des mouvements fins, précis et coordonnés. Elle caractérise ceux qui savent prévoir les conséquences de chacun de leurs gestes. C’est cette forme d’intelligence qu’utilisent les sportifs, les danseurs, mais aussi les artistes, les artisans, les chirurgiens… Un sculpteur sait exactement où et avec quelle force taper sur son ciseau à bois pour retirer la pièce de bois de sa sculpture sans tout casser à côté. Certains joueurs de basket, par exemple, ont la capacité de calculer très précisément la force et l’angle du lancer pour pouvoir mettre un panier.

Comment la reconnait-on chez son enfant ? il adore bouger, il est très habile, aime toucher et manipuler les objets. Il a une très bonne coordination des mouvements de son corps. Quand il parle, il communique avec ses mains.

Pour avoir plaisir à apprendre, l’enfant aura besoin de bouger. Cela va être dur pour le parent, mais il ne pourra peut-être pas rester sur sa chaise. On peut le retrouver dans des positions aussi variées que stupéfiantes. Il aura besoin de toucher des objets, jouer avec son stylo. Transformer ses leçons en spectacle de danse, de théâtre. Faites-le bouger sur les concepts. Demandez lui de décrire avec son corps comment il comprend le théorème de Pythagore. Ou mimez avec lui les combats et la vie de nos ancêtres en histoire. Réalisez des expériences avec lui.

L’intelligence visuelle et spatiale.

Elle est caractérisée par une capacité extraordinaire de représentation mentale de lieux, de souvenirs… Les personnes qui en sont doté disposent d’un sens de l’orientation prononcé, produisent dans leur tête des images à partir d’idées ou de sons par exemple. Howard Gardner préférait d’ailleurs parler d’intelligence « spatiale » uniquement car un aveugle de naissance peut aussi utiliser des images produites par son esprit.

Les peintres, géographes, mais aussi architectes utilisent cette capacité. Développer son intelligence spatiale permet de libérer ses talents artistiques, d’améliorer sa créativité, sa capacité à projeter son esprit et a se situer correctement dans l’espace et le temps.

Comment la reconnait-on chez son enfant ? il aime expliquer avec un dessin, est sensible aux couleurs et aux formes, aime arranger l’espace, a un bon sens de l’orientation, aime les puzzles.

Pour avoir plaisir à apprendre, l’enfant aura besoin de visualiser. Soit dans sa tête, soit sur papier. Rendez visuels et colorés tous ses cours. Utilisez et abusez de formes, les couleurs, les images. Faites-le dessiner des symboles ou des images qui représentent pour lui chacune des notions qu’il apprend. Travaillez en mind mapping avec lui. Construisez des modèles en 3D, dessinez des plans, regardez des vidéos avec lui.

L’intelligence interpersonnelle.

C’est l’intelligence de la relation, l’empathie. Elle permet de comprendre les autres, communiquer avec eux, réagir de manière adaptée. Elle permet de détecter les intentions d’autrui sans qu’elles soient exprimées clairement et ainsi de dénouer des conflits. Elle fait appel à la coopération, la tolérance et le discernement. Elle peut aussi bien être utilisée pour contrôler et manipuler les autres (Hiler) que pour soulager et aider (Mère Teresa).

Comment la reconnait-on chez son enfant ? il a besoin de parler et échanger pour apprendre, il a beaucoup d’amis, s’intègre facilement dans un groupe, aime les jeux d’équipe, travailler avec les autres, joue au médiateur.

Pour avoir plaisir à apprendre, l’enfant aura besoin d’échanger avec quelqu’un. Il ne pourra pas apprendre seul. Soyez son sparring Partner, ou alors proposez lui de s’enregistrer. Proposez lui de travailler en équipe, de jouer le rôle du professeur.

L’intelligence intrapersonnelle.

Elle est caractérisée par une bonne connaissance de soi-même, de ses forces, de ses limites. La personne s’analyse, sait parfaitement se connecter avec ses émotions, ses sentiments. Elle sait se fixer des buts, a une grande capacité de concentration.

Comment la reconnait-on chez son enfant ? il apprécie d’être seul, sait se motiver tout seul, est capable d’autodiscipline, sait se fixer des buts réalistes, connaît ses forces et ses faiblesses. 

Pour avoir plaisir à apprendre, l’enfant aura besoin d’être seul, avoir du temps pour s’organiser pour apprendre à son rythme. Il a besoin d’un espace personnel.

L’intelligence musicale.

Elle est caractérisée par la capacité de se souvenir d’un morceau, d’identifier les notes, les instruments, de rejouer un morceau… Les gens doués de cette forme d’intelligence pensent en rythmes et en mélodies. Développer l’intelligence musicale permet d’améliorer les relations sociales, personnelles et sentimentales car la musique facilite la communication et peut remplacer les mots.

Comment la reconnait-on chez son enfant ? il fredonne souvent, retient facilement des chansons ou des morceaux, se met à danser sur le moindre rythme, tapote sur la table ou sur tous les objets en rythme, ressent les émotions exprimées par la musique.

Pour avoir plaisir à apprendre, l’enfant a besoin de transformer les notions en chanson ou en rythmes. La musique peut être pour lui une source d’inspiration.

L’intelligence naturaliste ou de la nature

Plus rare que les autres, elle se caractérise par la capacité de comprendre, la nature, le vivant et la classer en grandes familles. Les personnes sont intéressées par les plantes, les animaux, les pierres.

Comment la reconnait-on chez son enfant ? il aime être dehors, est sensible à son environnement naturel, est fasciné par la nature sous toutes ses formes, il aime collectionner, observer, regrouper et classer.

Pour avoir plaisir à apprendre, l’enfant a besoin d’organiser, classer trier l’information. Il peut être intéressant de faire des liens entre la nature et la matière à apprendre. Et, pour qu’il aie le plus grand plaisir, lui construire un environnement de travail agréable (près d’une fenêtre, près de plantes… voire dans la nature).

L’intelligence existentielle (ou spirituelle). 

Elle n’est pas toujours considérée comme une intelligence à part entière. C’est l’intelligence des penseurs ou des philosophes. C’est la capacité à se questionner sur le sens et l’origine des choses.

Comment la reconnait-on chez son enfant ? il aime s’interroger sur les grandes questions de l’univers, les débuts, la mort, la justice, le temps. Toutes ces questions qui n’ont pas de réponse. Il adore les débats.

Pour avoir plaisir à apprendre, l’enfant a besoin de réfléchir au sens de chaque chose et de pouvoir les questionner.

Notre bouquet d’intelligence personnel

Il semblerait que, à la naissance, nous soyons tous pourvus de toutes ces formes d’intelligence. En grandissant, nous en développons certaines plus que d’autres. L’école ne favorisant le développement que de 2 de ces formes, il est important, voire indispensable, que les parents aident les enfants à faire grandir leurs autres formes d’intelligence. Valorisez les différentes formes d’intelligence de vos enfants et leurs talents. D’après Bruno Hourst interrogé par le site web « vos questions de parents » « La meilleure manière de reconnaître les intelligences fortes et faibles de son enfant, c’est tout simplement de l’observer, dans ses activités à la maison et ses manières de faire, dans les activités qu’il apprécie particulièrement et celles qu’il pratique peu ou pas du tout. Pour les développer de manière harmonieuse, proposer des activités combinant les deux : en utilisant des intelligences fortes, il acceptera de développer des intelligences où il est plus faible. Chez un enfant qui a une intelligence corporelle/kinesthésique forte, il peut être intéressant de lui faire fabriquer des lettres de l’alphabet en pâte à modeler. À un enfant qui a une intelligence musicale/rythmique forte, on peut proposer de mémoriser des notions (les jours de la semaine ou les mois de l’année) en chansons ou en rythme. » Ainsi, pour retenir une poésie on pourrait :

  • utiliser l’intelligence verbale : copier, répéter, écouter une autre personne réciter le poème…
  • utiliser l’intelligence visuelle et spatiale : souligner, entourer, dessiner, …
  • utiliser l’intelligence musicale : chanter, réciter sur l’air d’une musique, chantonner, travailler les intonations….
  • utiliser l’intelligence interpersonnelle : réciter à deux voix, en discuter…
  • utiliser l’intelligence corporelle-kinesthésique : jouer la poésie comme une pièce de théâtre, mimer, mettre en scène l’histoire avec des objets…

Bruno Hourst suggère également de parler très tôt aux enfants (dès 4 ans) de la notion d’intelligences multiples afin de les sensibiliser à ces notions, mais également de les faire exister très tôt dans l’univers familial, et éviter de se faire piéger par l’école et les notes…

Et vous : savez-vous quelles formes d’intelligence vous avez développées ? Et celles que vos enfants développent ? Est-ce que quand vous faites les devoirs avec eux vous êtes attentifs à leur forme d’intelligence pour ce que cela devienne un plaisir d’apprendre ?

Je vous partage deux vidéos : l’une de Bruno Hourst, ancien enseignant, aujourd’hui chercheur, écrivain et formateur, qui nous permet de réfléchir à ces différentes formes d’intelligence.

et un reportage sur la manière dont ces formes d’intelligence peuvent être utilisées à l’école :

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Sources :

Commentaires

One comment on “Les 9 formes d’intelligence”
  1. Chouvet delphine dit :

    Merci encore valzr, tellement intéressant cet article.
    Je n’arrive pas à trouver l’intelligence d’amandine , car je reste convaincue au fond de moi qu’elle est intelligente, malgré ces immenses difficultés et son grand retard scolaire.

    Aimé par 1 personne

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