Devoirs sans peine : activer le mode « détective »

Avez-vous remarqué à quel point notre état d’esprit a un impact sur la manière avec laquelle nous abordons les situations ?

Et bien c’est pareil pour nos enfants.

S’ils se mettent devant leurs devoirs avec l’idée « Qu’est-ce que c’est saoûlant ! Vivement que j’ai terminé ! » ou encore « j’y comprends rien« , il est fort à parier que le résultat ne sera pas fameux…

Un enfant qui reste assis devant sa liste de mots à apprendre ou sa leçon de géographie peut y rester longtemps sans rien apprendre. Vous avez déjà vécu ca ?

La bonne nouvelle, c’est qu’une simple question peut changer cet état d’esprit. Même avec les ados. Si, si, je vous assure.

Ce qu’il faut réussir à faire, c’est activer leur curiosité, piquer au vif leur intérêt.

Voici une technique que j’ai utilisée avec ma fille : la technique du « détective ».

Il s’agit de mettre les enfants dans la peau d’un détective…

Le travail d’un détective

Prenez le temps de poser le décor, et de le/la mettre dans la peau d’un détective.

Un détective :

  • sait observer, rechercher des indices, il est attentif aux détails,
  • sait évaluer ce qui est important de ce qui l’est moins,
  • sait poser des questions,
  • sait établir des liens entre ce qu’il découvre et ce qu’il sait déjà.

Passer en « mode détective » fait donc appel à plusieurs compétences.

1ère étape, faites le point sur la situation

Si vous étiez un détective, que feriez-vous au début de votre enquête ? Faire le point sur ce que vous connaissez de la situation, bien sûr !

Si votre enfant a déjà vu le cours, peut-être pas nécessaire de le relire. Si, au contraire, il n’a encore rien vu ou s’il s’agit d’un document à étudier, lire le cours/texte/document une première fois.

Voici quelques questions à lui poser :

  • Qu’est-ce que tu sais déjà ?
  • Qu’est ce qui te surprend ?
  • Est-ce qu’il y a des images, des sons qui te viennent ?
  • Cela te rappelle-t-il des choses ? des situations ? (travailler les associations d’idées)
  • y a-t-il des choses que tu connaissais déjà ? comment les connaissais-tu ?
  • as-tu été surpris par quelque chose ?
  • y a-t-il quelque chose qui te fait rire ?
  • Ou qui te dégoûte ?
  • Y-a-t-il quelque chose qui te fais peur dans ce sujet ?
  • Imagine une question piège que tu pourrais poser à quelqu’un sur le sujet…

Cela encourage la récupération d’informations en mémoire.

Premier exemple : votre enfant est devant un sujet d’histoire, par exemple la vie de Clovis. Dtes-lui qu’il est enquêteur sur un monsieur très bizarre, Clovis. Vous êtes en cellule d’enquête, avant de partir sur le terrain. Que savez-vous de la situation ? L’enfant doit vous expliquer tout ce qu’il sait sur ce monsieur.

Deuxième exemple : votre enfant révise des mots de vocabulaire. En général, ces mots ont déjà été vus en classe. A nouveau, il est enquêteur. Il part à la recherche de mots très bizarres qui ont été perdus. Il va falloir qu’il vous dise ce qu’il connait des suspects, qui vous devez rechercher. Cela va lui permettre d’essayer de se remémorer le cours, visualiser les mots écrits a la craie sur le tableau, ou entendre le maitre leur dicter les mots… Peut-être qu’à cette étape, il va pouvoir déjà écrire les mots à apprendre, mais hésiter sur l’orthographe de certains mots. Pas grave, puisqu’il y a la deuxième étape 😉

2ème étape, faites le point sur ce qui vous manque

La deuxième étape est importante. Il s’agit de trouver les questions qui vont orienter sa recherche, quand il va se re-plonger dans le cours, ou le document. Ces questions vont jouer le rôle de jumelles ou de lampe torche dans le noir. Elles vont aider l’enfant à focaliser sa relecture du document ou du cours en mode « trouver la réponse à une question ».

A ce stade, la question à lui poser est : quelles sont les informations qui te manquent ? (ex : l’orthographe d’un mot dont il n’est pas sûr, une date qui lui manque, comprendre pourquoi un événement est arrivé, positionner une ville sur la carte…)

On peut essayer ici de formuler des questions en utilisant la méthode  QQOQCCP (Quoi, Qui, Où, Quand, Comment, Combien, Pourquoi)

Idéalement, il vaut mieux ensuite essayer de répondre à ces questions une par une en relisant le texte. Mieux vaut faire plusieurs relectures spécifiques plutôt qu’essayer de répondre à toutes les questions en une fois.

Dernière étape, la conclusion sur l’enquête

Un enquêteur doit toujours faire un rapport à son chef quand il finit une mission. Il s’agit ici de résumer les choses importantes à connaître ou les grands enseignements.

Voici les questions à lui poser :

  • Quelles sont les choses importantes à retenir ? (exemple : orthographe prend un « h » muet après le « t » et le son « f » s’écrit avec « ph »)
  • Est-ce que je peux faire un lien avec autre chose que je connais ? (exemple : le son « f » s’écrit comme dans « éléphant »)

Pourquoi cela marche ?

Après cette technique en 3 étapes, ils vont bien la connaître, la leçon ! Et, le plus fort, c’est qu’ils n’auront pas eu l’impression de « travailler ».

Mais alors, pourquoi ca marche ?

Parce qu’on permet à l’enfant :

  • de se mettre en mode actif et non passif devant son cours : c’est toujours plus agréable de faire quelque chose que d’attendre que ca se passe… Et quand on attend à sa table de travail que le savoir grimpe dans notre cerveau, il n’est pas du tout évident que le savoir s’installe durablement 🤪
  • on lui donne des « mini-missions » 🚀 faciles à réaliser, qu’il peut réaliser rapidement et donc avoir des résultats rapides. C’est très stimulant de réussir rapidement, cela donne envie de recommencer. Cela active le circuit de la récompense dans notre cerveau. C’est d’ailleurs sur ce principe que fonctionnent les jeux vidéos…
  • parce que le côté ludique allège les enjeux 🥇 : c’est quand même plus sympa de jouer au détective que de « travailler », non ? Et en général, les enfants adorent les enquêtes et les mystères…

L’idéal, c’est qu’ils apprennent ensuite à se mettre tout seul dans ce mode détective…

Ah, au fait, pourquoi disais-je en introduction que cela pouvait marcher aussi sur les ados ? Parce que je sais que ca marche aussi chez les adultes…

Notre cerveau aime rechercher des réponses, résoudre des énigmes.

Alors, malgré nous, il va entrer dans le jeu. Et, à partir de là, c’est gagné 🙂

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s