Sourire et apprendre

Un grand sourire : voilà qui donne envie de s’intéresser à ce que quelqu’un nous raconte, non ? Lorsqu’on a du plaisir à partager un moment avec d’autres, en général on réussit à le communiquer. Pourquoi ?

Commençons cet article par une petite expérience. Visionnez cette vidéo :

Comment vous sentez-vous ? D’humeur joyeuse, non ? C’est fou ce que le rire peut avoir comme impact. 

Le sourire impacte positivement

« Un sourire coûte moins cher que l’électricité, mais donne autant de lumière. » a dit l’Abbé Pierre.

Sourire est une forme non verbale de la communication. Contagieux, il procure immédiatement de la joie et favorise la complicité. Si vous souriez la personne en face de vous sera plus encline à vous aider. Quand vous voyez quelqu’un qui sourit, vous avez également envie de sourire. 

Pourquoi ? Ce processus, en grande partie inconscient, pourrait reposer sur les neurones miroirs, découverts par le professeur Giacomo Rizzolati, à l’Université de Parma, en 1992. Cette catégorie de neurones moteurs nous permet de « rentrer dans la peau de l’autre ». Notre système nerveux est construit de façon qu’il puisse être en liaison avec le système nerveux des autres. Au moindre échange émotionnel avec autrui, a lieu un incroyable faisceau de réactions en cascade dans notre système nerveux central. Nous nous synchronisons avec eux et eux avec nous. Très utiles dans les apprentissages, les neurones miroirs nous aideraient donc à regarder dans l’autre… comme dans un miroir. Nous «attrapons» les émotions des autres, comme on attrape des virus, en positif comme en négatif. On nomme aussi ces neurones les « neurones de l’empathie ».

Parmi toutes les émotions, sourire est l’expression que le cerveau humain décrypte avec le plus de nuances et le plus vite : nos neurones préfèrent les visages heureux. En moins de vingt millionièmes de seconde, nous pouvons tous reconnaître lequel des dix-huit sourires-type nous adresse notre interlocuteur et ainsi décrypter son ressenti et nous y adapter. Cette communication ultra rapide et multi-niveaux constitue ce que les neurologues nomment la «voie basse de l’intelligence relationnelle»

Sourire conditionne positivement.

Une étude de l’université d’Upssala en Suède montre qu’il est difficile de froncer les sourcils devant quelqu’un qui sourit. Le sourire étant contagieux, la personne contaminée ne contrôle plus ses muscles faciaux quand elle sourit : froncer les sourcils devient alors presqu’impossible… Ce postulat a d’ailleurs été repris et testé par une marque brésilienne d’électroménager dans une publicité originale qui proposait aux gens d’offrir un sourire. Regardez plutôt, c’est un bijou !

J’ai coutume d’utiliser cette technique lorsque mes enfants sont tristes ou fâchés. Je leur demande un sourire, un vrai sourire. Et on essaie de le tenir quelques secondes. Le résultat est très souvent miraculeux.

Un sourire se voit… et s’entend.

Deux chercheurs de l’Institut de recherche et coordination acoustique musique (Ircam) et du CNRS viennent de montrer, dans un article publié fin juillet 2018 dans Current Biology qu’il n’est pas besoin de voir un sourire. Il suffit d’entendre une voix souriante peuvent y réagir inconsciemment. Ils ont fait écouter des voix souriantes ou non à 35 personnes. La majorité des participants on reconnu les voix avec « effet sourire ». Mieux encore : les chercheurs se sont aussi aperçus que, pendant l’écoute, les muscles de ces personnes suivaient le mouvement : ils sourient, ou cessent de sourire, en même temps que la voix entendue. « Ce n’est pas automatique, et parfois, c’est très discret » précise le doctorant. https://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/journee-mondiale-du-sourire-l-emotion-qui-s-entend_126350 

Un sourire = 200 barres de chocolat.

Des scientifiques anglais ont voulu déterminer quelles étaient les zones du cerveau qui étaient activées lorsqu’on recevait un sourire. 

109 personnes volontaires ont participé à l’expérience. On leur a montré différentes photos de personnes qui étaient en train de sourire (enfants, personnes de la famille, étranger…) et on leur a également donné du chocolat et de l’argent.

Et grâce à un IRM et un cardiofréquencemètre pour mesurer les “valeurs stimulantes de l’humeur” à chaque stimuli extérieur, ils ont pu découvrir que le sourire stimule d’une manière assez étonnante les zones du cerveau liées à la récompense. De manière plus précise, ils ont montré que le sourire d’un ami était équivalent à manger 200 barres de chocolat, le sourire de son(sa) bien-aimé était équivalent à 600 barres et que le sourire d’un enfant explosait tout les records avec une quantité équivalente à 2000 barres de chocolat. Plus fort encore, ils ont montré qu’un sourire pouvait être équivalent à recevoir 16 000 Livres britanniques, soit l’équivalent d’environ 20 000 euros !

Sourire, sourire, sourire.

Et si, juste avant de rentrer en salle de classe, ou juste avant de rentrer dans dans la chambre de votre enfant faire les devoirs avec lui on se forçait à sourire quelques secondes. Cela ne suffirait peut-être pas, mais ce serait déjà un bon début pour s’assurer une connexion avec les enfants. Et puis… c’est bon pour soi : Charles Darwin affirmait que le simple fait de sourire nous fait vraiment nous sentir mieux (théorie de rétroaction faciale). Des chercheurs l’ont prouvé plus récemment : se forcer à sourire 60 secondes envoie à notre cerveau un message positif et provoque une baisse de production des hormones du stress et une augmentation de celles qui favorisent la bonne humeur. Et ce n’est pas fini, sourire peut renvoyer une bonne image aux yeux des autres. Une étude récente à l’Université de Penn State a montré que quand nous sourions nous n’avons pas seulement l’air plus aimable et courtois, mais nous apparaissons en fait plus compétent. Qu’est-ce que cela coûte d’essayer ? 🙂 

Et vous, avez-vous déjà testé ? partagez vos expériences et techniques en commentaires.

En bonus, la conférence TED de Ron Gutman sur le pouvoir secret du sourire….

Le saviez-vous ? Si vous allez voir des chèvres, pensez à sourire. Les chèvres auraient la capacité de « lire » nos visages, distinguant un regard heureux et bienveillant d’un visage grincheux. Et apparemment, elles préféraient de loin les visages souriants. Pour en savoir plus, lisez ce passionnant article.

Commentaires

2 comments on “Sourire et apprendre”
  1. Elodie M. dit :

    Merci Valérie pour cet article très intéressant ! 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Valérie dit :

      Merci Elodie! J’ai pris beaucoup de plaisir à l’écrire😀

      J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s