Plaisir d’apprendre : la méthode Coué est efficace

La méthode Coué est cette fameuse méthode d’autosuggestion, qui consiste à se répéter des phrases positives de sorte qu’elles deviennent réalité. Souvent tournée en dérision, car elle laisse dubitatif sur ses résultats, elle est pourtant à l’origine de grands courants de pensée à la mode comme la pensée positive et de l’approche des thérapies « orientées solutions ». Les découvertes des neurosciences permettent d’ailleurs aujourd’hui de comprendre pourquoi elle marche. Et si on l’utilisait pour les apprentissages ? Explications.

La méthode Coué, c’est quoi ?

Émile Coué était pharmacien. Il avait pris l’habitude de dire à ses clients des paroles encourageantes, lorsqu’il leur vendait un médicament :

« Vous allez voir, ceci vous fera beaucoup de bien… Et ce n’est qu’un début ! »

Il s’est aperçu, en effet, que plus il répétait ces phrases, mieux ses clients se portaient. Il venait de découvrir l’effet placebo. Après s’être intéressé aux publications sur la suggestion et ses effets sur la thérapeutique, l’hypnose et le magnétisme, il affine sa méthode et écrit un livre « la méthode Coué ». 

Sa méthode s’appuie sur deux postulats :

  • Toute pensée devient réalité. Et plus une pensée occupe notre esprit, plus elle a tendance à se transformer en acte.
  • Ce n’est pas notre volonté qui nous fait agir, mais notre imagination (être inconscient). S’il nous arrive souvent de faire ce que nous voulons, c’est que nous pensons en même temps que nous le pouvons.

Il prenait souvent l’exemple suivant : nous sommes tous capables de marcher sur une planche posée au sol de 10 mètres de long et de 25 centimètres de large. En revanche, si cette même planche était posée entre les deux tours d’une cathédrale, peu de personnes s’y risqueraient. Pourquoi ? Dans le premier cas, notre cerveau nous dit que la traversée est facile, dans le second nous imaginons la chute. Le charpentier comme le couvreur imaginent, eux, qu’ils peuvent le faire. Et ils le font.

Avec l’avancée des neurosciences, et notamment les connaissances sur la neuroplasticité de notre cerveau, on comprend pourquoi la méthode Coué fonctionne. Il semble en effet que plus nous pensons une chose, plus nous renforçons les connexions neuronales pour continuer à le penser. Steeve Masson, neuroscientifique spécialisé en neuroéducation, explique que le cerveau est comme une forêt : si on marche plusieurs fois dans le même sentier, un chemin va progressivement se créer. Cette vidéo explique bien comment cela fonctionne :

Ces sentiers (connexions neuronales) deviennent de plus en plus efficaces et mènent à l’automatisation des processus liés à une certaine tâche et donc à la résolution plus faciles de certains problèmes. Mais, a contrario, ils peuvent aussi ancrer en nous de mauvaises pratiques. Les petites phrases telles que « Je ne me sens pas capable », « je ne comprends rien en maths » « je n’aime pas le français » qu’un enfant se répète agissent comme des prédictions et le programment directement vers l’échec ou le mal-être. Cela devient même une identité. L’enfant finit par se définir comme « nul en maths ». On appelle cela aussi des « croyances limitantes ».

La méthode Coué vise donc à remplacer ces phrases négatives par des phrases positives : « Ca va bien se passer », « Ma confiance en moi se renforce », « Je vais de mieux en mieux réussir », « J’ai confiance dans mes capacités », ….

Il ne s’agit pas de s’auto-convaincre mais de laisser s’imprimer dans notre esprit des pensées positives qui deviendront réalité. Proclamer « Je veux » (maigrir, arrêter de fumer etc…), représente parfois un tel effort qu’il est en effet souvent suivi de « mais je n’y arrive pas ». C’est pourquoi, la méthode prône de nourrir non pas la volonté, mais l’imagination positive, en s’attachant à rendre l’objectif facile. 

Les mots ont le pouvoir de détruire ou de guérir, lorsqu’ils sont justes et généreux, ils peuvent changer le monde. »

Boudha

Comment ca marche ?

1/Construire la phrase d’autosuggestion

Cela commence par identifier l’objectif à atteindre pour bien construire la phrase d’autosuggestion. Par exemple : vous faites des insomnies et souhaitez dormir mieux.

Attention : si vous contrez trop brusquement les croyances du cerveau, cela ne fonctionnera pas. La phrase positive par laquelle vous allez remplacer votre phrase négative doit être soigneusement construite :

  • Commencer par “Je
  • Utiliser le présent ou le futur proche ( verbe aller au présent + verbe d’action à l’infinitif) – « je vais » traduit une facilité d’action. Oubliez « je veux » et « il faut » qui font appel à l’effort. Oubliez aussi Tout comme « je vais essayer de » qui programme un échec. Ou encore « J’espère », trop incertain. Oubliez aussi le conditionnel (je voudrais réussir, je pourrais être meilleur, peut-être que…) qui programme un échec.
  • Formuler la décision, demande ou objectif positivement : sans “ne….pas…”
  • Avec le plus de précision possible en répondant dans la mesure du possible aux question suivantes : Avec qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ?
  • formuler la phrase plutôt en mode actif que passif : Coué ne dit pas « je vais bien », mais « je vais de mieux en mieux ».

Exemples : “ Je vais dormir cette nuit dans mon lit, profondément, d’une traite et jusqu’à 7h00 du matin.” ou « Je vais attendre midi pour allumer ma première cigarette »

Et non pas “ je ne vais plus faire d’insomnie” ou « il ne faut pas que je fume avant midi »…. Vous le savez bien, lorsqu’on  construit une phrase à la négative, on a plutôt tendance à s’attacher à ce qu’il ne faut pas faire qu’à ce qu’il faut faire. Par exemple, si je vous dis « ne pensez pas à un éléphant rose », à quoi allez vous penser ? A un éléphant rose, bien sûr !

2/Répéter

Emile Coué préconisait :

  • De répéter plusieurs fois de suite (10 fois 3 fois par jour) 
  • Dans un moment de détente ou en faisant autre chose qui occupe le conscient : Se doucher, faire du jogging, conduire, repasser, marcher…
  • À haute voix
  • Avec une voix monotone
  • Visualiser le plus possible la phrase et ses effets dans la tête.

L’effet Pygmalion

Cette méthode peut être utilisée par la personne, ou par les personnes autour d’elle. Au Canada, une expérience a été menée sur une classe de primaire. Les enfants ont tous été soumis à un – faux- test de QI. 5 élèves ont ensuite été tirés au sort par les expérimentateurs, et ils ont désignés comme « sur-doués » et ont annoncé les résultats aux professeurs et aux parents – qui n’étaient pas au courant de la supercherie. Au bout de la fin de l’année scolaire, les 5 faux-surdoués étaient les élèves qui avaient les meilleurs résultats scolaires. Tout simplement car on leur a suggéré qu’ils étaient les meilleurs et qu’ils étaient plus « intelligent » que la moyenne.

L’expérimenter avec ses enfants

Je suis convaincue que cette méthode peut être redoutablement efficace pour nos enfants. Evidemment, si vous dites à vos enfants : vous allez vous répéter que vous aimez les maths, et vous allez voir… vous allez aimer les maths… Cela ne va pas bien marcher. C’est d’autant plus vrai lorsque leur désavoue pour une matière est fortement ancré. Alors, comment faire ?

  • D’abord en utilisant cette méthode, vous. C’est-à-dire en répétant à votre enfant les phrases positives dont il a besoin. Un peu comme Emile Coué, en tant que pharmacien, le répétait à ses clients. « mais si regarde tu peux le faire … », « Moi je sais que  tu peux le faire…. » Faites de vos enfants des Pygmalions.
  • Ensuite en travaillant avec votre enfant sur cette fameuse phrase et en lui donnant envie de la répéter.

Pour cela, il faut d’abord qu’il comprenne à quoi cela sert. Je vous conseille de visionner la vidéo sur le fonctionnement du cerveau et sa plasticité. Il faut qu’il comprenne que répéter une chose permet de faire changer la croyance qu’on a sur cette pensée.

Ensuite, identifiez avec lui la matière qu’il n’aime pas. Par exemple, les maths. Identifiez avec lui ce qu’il n’aime pas. Et faites-lui constater que c’est ce qu’il pense. « Aujourd’hui, je pense que je ne suis pas bon en maths ». C’est déjà un premier pas pour relativiser et commencer à extérioriser cette pensée. 

Ensuite, essayez de lui faire convenir – et dire à voix haute – que « Je pense que je suis nul en maths. Mais peut-être que ce n’est pas vrai. » C’est comme au judo. Plutôt que de prendre l’ennemi en face, il faut utilise son énergie pour le faire tomber. Là, on n’aborde pas la croyance en face. On commence à se mettre de côté. Clotilde Dusoulier explique dans un de ses podcasts intitulé « Comment croire autre chose » la technique pour changer progressivement les petites phrases qu’on se répète dans la tête.

Ensuite, travaillez ensemble à chercher une phrase avec laquelle il se sent à l’aise et qui respecte la méthode ci-dessus. Voici quelques idées :

  • « Cette semaine, je vais chercher un truc étonnant de nouveau dans les maths »
  • « Je vais faire ce devoir de maths avec calme et méthode »
  • « Je suis curieux de découvrir un nouvel outil 
  • « Je suis de plus en plus à l’aise avec les maths »
  • « Je me débrouille de mieux en mieux »
  • « Je m’entraîne et je m’améliore en maths« 
  • « Je fais des efforts, je me fais aider et deviens bon élève en maths« 
  • « Je suis sérieux, je réussis, je suis capable, je progresse de jour en jour« 
  • « Je réalise mes exercices de plus en plus facilement« 
  • « Je suis de plus en plus à l’aise avec les maths.« 

Et ensuite lui proposer de répéter cette phrase à haute voix devant la glace, en marchant, …

Je trouve même géniale l’idée de détourner l’objectif des Toobaloos et de les construire soi-mêmes : l’enfant se parle et entend mieux sa voix avec ce dispositif !

Ce n’est pas simple à faire admettre aux enfants : mais quel est le risque à essayer ?

Et vous, avez-vous déjà essayé l’autosuggestion avec vos enfants ? Partagez vos expériences, suggestions en commentaires! Et pensez à liker, partager le post et … vous abonner au blog (en haut à droite)

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