Développer l’esprit critique chez ses enfants (1/4)

Il n’a jamais été aussi facile que maintenant d’avoir accès au savoir. Seulement, les vraies informations côtoient les fausses. Comment apprendre à nos enfants à développer leur esprit critique pour éviter de se faire piéger ?

Qu’est-ce que l’esprit critique ?

L’esprit critique c’est le fait de ne pas prendre toutes les informations comme véridiques sans les vérifier. Cela suppose de se documenter d’abord sur sa valeur de chaque information. Attention. Esprit critique ne veut pas dire critiquer pour démolir, ni râler. Si l’esprit critique doit permettre de se forger sa propre opinion, cela ne signifie en aucun cas que l’information de base est forcément fausse.

L’esprit critique n’est pas inné

Dans « Nos enfants, ces petits philosophes », Nicole Prieur explique que « ce n’est qu’à partir de 4 ans, quand il prend conscience du temps qui passe, que l’enfant s’aperçoit que le monde n’est pas donné d’emblée ni aussi beau qu’il l’imaginait. C’est l’âge des « pourquoi ». Mais il faut attendre 7 ans, « l’âge de raison », pour qu’il commence à développer une pensée conceptuelle et nuancée (à l’encontre du « C’est bien »/ « C’est nul »), qui intègre le point de vue de l’autre. Une autre étape consistera à s’affranchir peu à peu du regard de l’adulte.« 

Mais, si les capacités des enfants évoluent au fil du temps, encore faut-il leur apprendre ce fameux esprit critique. Trop souvent les enfants sont incapables de donner un avis plus construit que « C’était bien ». Ils ne savent pas analyser pourquoi ils trouvent ça bien, ce qu’ils trouvent bien ou moins bien.

Esprit critique : de quoi a-t-on besoin ?

  1. De curiosité : avoir un esprit critique signifie savoir poser des questions, s’interroger, et ne pas tenir une information qu’on nous délivre pour forcément juste. Tous les enfants sont curieux et posent des questions. Cette compétence n’est donc pas acquérir, mais plutôt à ne pas étouffer. Encouragez vos enfants à poser des questions, à rester étonnés.
  2. Oser se méfier : l’école française enseigne malheureusement un peu trop aux enfants à écouter les professeurs et réciter leurs cours comme on les leur a appris. On apprend aux enfants à croire sur parole. Et pas à se méfier, à vérifier que la personne qui nous délivre un message est bien un spécialiste. Il faudrait au contraire leur apprendre à se se méfier de ce qui est dit sans preuves, dont la véracité ne peut pas être vérifiée, même si c’est un spécialiste qui le dit ; oser se méfier des généralisation hâtives. Bon. C’est sûr. Pas simple de gérer une classe qui remettrait en question tout ce que le professeur dirait. Alors… Aux parents de jouer…
  3. Se confronter à la différence : plusieurs points de vue peuvent être justes. Rien n’est jamais blanc ou noir dans la vie. On apprend réellement quand on découvre qu’il n’y a pas une vérité, mais plusieurs lectures possibles d’un même fait, plusieurs solutions, plusieurs voies. L’habitude de chercher à s’informer peut faire prendre conscience de la multiplicité des informations (et donc de la nécessité de les trier) et de l’immensité des champs du savoir. Comprendre cela permet de montrer aux enfants qu’il faut utiliser des sources variées pour avoir plusieurs lectures d’une même réalité.
  4. Bien se connaître soi-même : on a chacun des personnalités différentes, qui nous font considérer le monde de manière différente. C’est comme si chacun voyait le monde avec des lunettes différentes. Bien se connaître permet de comprendre ces biais par lesquels on regarde la réalité. 
  5. Savoir écouter. C’est l’écoute qui permet d’affiner son esprit critique. En écoutant les autres, on apprend à discerner ce qui est logique ou pas ou encore ce qui est bien argumenté ou pas. Écouter l’autre c’est aussi une manière de respecter son avis, même si on ne le partage pas. 
  6. Attendre avant de juger : ne pas « sauter » sur la première information pour juger et conclure. Prendre le temps de s’informer, accepter de ne pas juger trop vite, sans être sûr d’avoir tous les éléments en main. C’est aussi accepter de ne pas avoir de jugement sur une question, faute de maîtriser le sujet. C’est adopter une posture de prudence : soit indéfiniment au risque d’être sceptique, soit pour un temps et c’est alors le moment qui précède la construction d’un raisonnement.
  7. L’autonomie intellectuelle : c’est apprendre à émettre des hypothèses, les vérifier, résoudre des problématiques, hiérarchiser ses idées, etc. L’autonomie intellectuelle permet de ne pas avoir à dépendre des autres pour se forger une opinion et pour faire sa vie. 

Voilà les bases. Nous allons maintenant regarder comment éduquer l’esprit critique de nos enfants par tranches d’âge : 3 à 6 ans, 6 à 12 ans et plus de 12 ans. Suite au prochain numéro…

A suivre : prochain post « Entre 3 et 6 ans, montrez-lui qu’il y a plusieurs points de vue »

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