Lectures inspirantes

« Si vous voulez changer le monde, commencez par faire votre lit ! »

Et si un simple geste pouvait changer le monde ? L'amiral William McRaven, l'homme qui a capturé Saddam Hussein et Ben Laden, explique qu'une des règles de vie les plus importantes qu'il ait apprises est de... faire son lit chaque matin. Voilà pourquoi.

Bien faire son lit, chaque matin : c’est le conseil étonnant que donne l’une des grandes figures de l’histoire militaire américaine, William McRaven, à des étudiants. Ancien amiral de l’US Navy, il a passé 37 ans dans les forces spéciales de la marine de guerre (Navy SEALs), et a commandé les forces spéciales américaines. Il est connu pour être l’homme qui a capturé Saddam Hussein et Ben Laden.

En 2014, l’Université du Texas – dont il a été lui-même élève – lui demande de faire un discours à ses étudiants à l’occasion de la remise des diplômes.

Un discours inspirant, visionné plusieurs millions de fois.

L’amiral y fait le point sur les grandes règles de vie que les situations difficiles dans lesquelles il a été plongé lui ont apprises. Des règles qui aident à surmonter les difficultés, à réussir lorsqu’on est persuadé d’échouer

Il démontre comment, en prêtant attention à quelques habitudes de notre quotidien, on peut transformer non seulement sa propre vie… mais peut-être le monde aussi !

Et tout cela commence par…

faire son lit tous les matins. 🛏

Oui, oui ! Vous avez bien lu.

« Faire son lit tous les matins. »

Pas juste remonter approximativement la couette.

Non ! Il faut le faire « à la perfection« .

Cela peut paraître étonnant.

Cela peut paraître ridicule.

Peut-être même passablement énervant.😅

Comme il en témoigne lui-même :

« Cela semblait un peu ridicule à l’époque, en particulier compte tenu du fait que nous aspirions à être de vrais combattants, des membres des forces spéciales durs et rodés à la bataille.« 

En quoi [bien] faire son lit permet-il de changer le monde ?

En fait, cette règle toute simple a 3 bénéfices :

  1. Lorsqu’on fait son lit le matin, on accomplit une première tâche chaque jour. Le faire, même quand on n’a pas envie, génère un sentiment de fierté : celui d’avoir accomplit quelque chose. Un sentiment qui encourage à faire une autre tâche, puis une autre tâche… jusqu’à accomplir les tâches principales de votre journée.
  2. Faire son lit permet de reprendre conscience de l’importance des petites choses. En s’habituant à bien faire de petites choses, on se prépare à bien faire les grandes. Bien faire son lit le matin donne le sentiment de domination et de maîtrise de soi pour la journée qui commence.
  3. Faire son lit est un rituel qui permet de faire place nette dans sa chambre et donc dans sa tête. C’est une maxime que j’ai eu du mal à accepter (et que j’ai toujours du mal à mettre en place). Néanmoins, il est vrai que c’est agréable d’arriver dans une pièce rangée, dans laquelle le regard se balade librement. Lorsqu’on laisse des choses dérangées, il y a toujours une petite voix dans notre tête qui nous rappelle que nous devrions ranger. Cela alourdit notre « charge mentale ».

Et puis… si malgré tout on a passé une mauvaise journée, le soir on rentre dans une chambre en ordre, avec un lit qui est fait 😉 « et un lit fait vous procure l’encouragement que demain sera un autre jour. »

Message à tous les parents : ne lâchez rien ! Soyez exigeants sur la qualité du lit ! Vous rendez service à vos enfants pour leur futur.

Le saviez-vous ? Une étude publiée en 2010 par la National Sleep Foundation a montré que les gens qui font leur lit chaque jour ou presque ont davantage l’impression d’avoir passé une bonne nuit.

  1. Commencez votre journée par une tâche accomplie comme celle de faire son lit ! En effet, la conscience de cette tâche accomplie donne une impulsion positive pour la journée.
  2. N’oubliez jamais que vos succès dépendent des autres : entourons-nous de personnes bienveillantes sur qui compter et soyons présents pour elles autant qu’elles sont présentes pour nous. On ne réussit pas seul.
  3. Mesurez les gens à la taille de leur coeur : ne vous fiez pas aux apparences. Le courage ne se lit pas sur le visage, dans la posture ou dans les habits.
  4. Arrêtez de vous plaindre et avancez : la vie est dure et souvent injuste. C’est ainsi. Alors, inutile de se plaindre et agissons vaillamment sans accuser le mauvais sort.
  5. N’ayez pas peur de l’échec : l’échec est une chance car il nous permet d’apprendre et de nous entrainer pour enfin réussir.
  6. Prenez des risques : choisir de dépasser nos limites en se lançant la tête la première est un excellent moyen pour vivre de nouvelles expériences et progresser.
  7. Tenez tête aux tyrans : nous avons tous en nous un grand courage qui ne demande qu’à s’exprimer. Ce courage donne la force pour tenir tête à l’adversité et réussir à élever notre niveau de vie selon nos convictions.
  8. Donnez le meilleur de vous-même dans les pires moments : faisons de notre mieux à chaque instant !
  9. Chantez ! Quand nous nous retrouvons embourbés jusqu’au cou, chantons à tue-tête pour booster notre optimisme et avoir le moral !
  10. Ne renoncez jamais : la vie est ponctuée de moments difficiles mais il y aura toujours quelqu’un pour qui c’est encore plus dur. Refusons d’abandonner nos rêves et accrochons-nous !

Président Powers, Doyen Fenves, vice-doyens, membres de la faculté, famille et amis et surtout, la promotion 2014. Félicitations pour votre réussite. C’est en effet un honneur pour moi que d’être ici ce soir.

Cela fait presque 37 ans, jour pour jour, que je suis diplômé de l’Université du Texas. Je me souviens de beaucoup de choses à propos de ce jour particulier. Je me souviens avoir eu des maux de tête lancinants suite à une fête la nuit précédente. Je me souviens avoir eu une petite amie sérieuse, avec laquelle je me suis finalement marié – il est important de s’en rappeler d’ailleurs – et je me souviens que j’étais appointé par la marine militaire ce jour-là.

Malgré toutes ces choses dont je me souviens, je n’ai pas la moindre idée de qui a bien pu parler au micro ce soir-là et il est certain que je ne me souviens de rien de ce qu’ils ont pu dire. Alors… en reconnaissant ce fait, si je ne peux pas rendre ce discours d’ouverture mémorable, je vais au moins essayer de faire court.

Le slogan de l’Université du Texas est, «Ce qui commence ici change le monde.” Je dois admettre que je l’aime bien. “Ce qui commence ici change le monde.

Ce soir, il y a près de 8 000 étudiants diplômés de l’Université du Texas. Ce grand parangon de rigueur analytique, Ask.Com affirme que l’Américain moyen rencontrera 10.000 personnes au cours de toute sa vie. Cela fait beaucoup de gens. Mais, si chacun d’entre vous change la vie de seulement dix personnes – et que chacune de ces personnes change la vie de dix autres personnes – juste dix – alors d’ici à cinq générations – 125 années – la promotion 2014 aura changé la vie de 800 millions de personnes.

800 millions de personnes – pensez-y – c’est plus de deux fois la population des États-Unis. Une génération de plus et vous pouvez changer l’ensemble de la population du monde, 8 milliards de personnes.

Si vous pensez qu’il est difficile de changer la vie de dix personnes – changer leur vie à jamais – vous avez tout faux. J’ai vu arriver cela tous les jours en Irak et en Afghanistan : un jeune officier de l’armée prend la décision d’aller à gauche plutôt qu’à droite sur une route à Bagdad et les dix soldats de son escouade sont sauvés d’une embuscade. Dans la province de Kandahar, en Afghanistan, un sous-officier de l’équipe d’engagement féminin détecte quelque chose qui ne va pas et dirige le peloton d’infanterie loin de 500 livres d’explosifs, sauvant la vie d’une douzaine de soldats.

Mais, si vous y réfléchissez, non seulement ces soldats ont été sauvés par la décision d’une seule personne, mais leurs enfants à naître ont également été sauvés. Et les enfants de leurs enfants également. Des générations entières ont été sauvées par une décision, par une seule personne.

Mais changer le monde peut se produire partout et tout le monde peut le faire. Donc, ce qui commence ici peut en effet changer le monde, mais la question est – à quoi ressemblera le monde après que vous l’ayez changé ?

Eh bien, je suis convaincu que ce sera beaucoup, beaucoup mieux. Mais si vous pardonnez l’humour de ce vieux marin pour un moment, j’ai quelques suggestions qui pourraient vous aider sur votre chemin vers un meilleur monde. Et alors même que ces leçons ont été apprises durant mon temps dans l’armée, je peux vous assurer que peu importe si vous n’avez jamais servi un seul jour en uniforme. Peu importe votre sexe, votre origine ethnique ou religieuse, votre orientation ou votre statut social.

Nos luttes dans ce monde sont similaires, et les leçons pour nous aider à surmonter celles-ci et aller de l’avant – nous changeant nous-même et le monde autour de nous – s’appliqueront de la même façon pour tous.
Je suis un membre des forces spéciales de la marine depuis 36 ans. Mais tout a commencé quand j’ai quitté l’université du Texas pour la formation initiale des membres des forces spéciales à Coronado, Californie.

Cette formation, c’est six mois de longues courses atroces dans le sable fin, les bains de minuit dans l’eau froide au large de San Diego, des courses d’obstacles, des exercices physiques sans fin, des jours entiers privés de sommeil, et toujours à avoir froid, être mouillé et misérable. C’est six mois à être constamment harcelé par des guerriers formés professionnellement qui cherchent à trouver la faiblesse du corps et de l’esprit et à les empêcher à jamais de devenir un membre des forces spéciales.

Mais la formation vise également à trouver les élèves qui peuvent mener les autres dans un environnement de stress constant, de chaos, d’échec et de difficultés. Pour moi cette formation des forces spéciales équivalait à une vie de challenges contenue dans six mois.

Donc, voici les 10 leçons que j’ai apprises lors de cette formation des forces spéciales et qui je l’espère seront de valeur pour vous qui avancez dans la vie.

1) Si vous voulez changer le monde, commencez par faire votre lit.

Chaque matin de cette formation initiale des forces spéciales, mes instructeurs, qui à l’époque étaient tous d’anciens combattants du Vietnam, montaient dans nos baraquements et la première chose qu’ils inspectaient était votre lit. Si vous le faisiez bien, les coins étaient carrés, les couvertures tirées bien serrées, l’oreiller centré juste sous la tête de lit et la couverture supplémentaire pliée soigneusement au pied de l’étagère – c’est le langage des forces spéciales pour désigner un lit.

C’était une tâche simple, ordinaire au mieux. Mais chaque matin, il nous était nécessaire de faire notre lit à la perfection. Cela semblait un peu ridicule à l’époque, en particulier compte tenu du fait que nous aspirions à être de vrais combattants, des membres des forces spéciales durs et rodés à la bataille, mais la sagesse de ce simple geste m’a été prouvé à de maintes reprises.

Si vous faites votre lit chaque matin, vous aurez accompli la première tâche de la journée. Ceci vous donnera un petit sentiment de fierté qui vous encouragera à faire une autre tâche puis une autre et encore une autre. À la fin de la journée, cette tâche que vous aurez accomplie se sera transformée en de nombreuses tâches achevées. Faire votre lit renforcera également le constat que les petites choses dans la vie comptent. Si vous ne pouvez pas bien faire les petites choses, vous ne ferez jamais bien les grandes. Et, si par hasard vous avez eu une mauvaise journée, vous reviendrez chez vous où vous attend un lit qui est fait – que vous avez fait – et un lit fait vous procure l’encouragement que demain sera un autre jour.

Donc, si vous voulez changer le monde, commencez par faire votre lit.

2) Si vous voulez changer le monde, trouvez quelqu’un pour vous aider à pagayer.

Pendant la formation les élèves sont répartis en équipages. Chaque équipage comprend sept hommes – trois de chaque côté d’un petit bateau en caoutchouc et un barreur pour aider à guider l’esquif. Chaque jour, votre équipage est formé sur la plage et a pour instruction de traverser les brisants puis de pagayer plusieurs miles le long de la côte. En hiver, les vagues au large de San Diego peuvent atteindre 2 à 3 mètres de haut et il est extrêmement difficile de pagayer à travers ces vagues plongeantes si tout le monde ne s’y met pas. Chaque coup de pagaie doit être synchronisé avec le nombre de frappes du barreur. Tout le monde doit exercer un effort égal sinon le bateau finit par être retourné par la vague et jeté sans cérémonie sur la plage.

Pour que le bateau arrive à destination, tout le monde doit pagayer. Vous ne pouvez pas changer le monde seul – vous aurez besoin d’aide – et rallier le point de départ à celui d’arrivée nécessite l’aide d’amis, de collègues, la bonne volonté d’étrangers et un barreur fort pour les guider tous.

Donc, si vous voulez changer le monde, trouvez quelqu’un pour vous aider à pagayer.

3) Si vous voulez changer le monde, évaluez une personne par la taille de son cœur, pas celle de ses palmes.

Après quelques semaines d’un entraînement difficile, nous étions passés de 150 hommes au départ à désormais une quarantaine. Il restait six équipages de sept hommes chacun. J’étais dans le bateau avec les gars les plus grands, mais le meilleur équipage que nous avions était composé des petits gars – l’équipage des nabots nous les appelions – aucun ne dépassait 1m65.

L’équipage du bateau des nabots était composé d’un Indien d’Amérique, d’un afro-américain, d’un américain d’origine polonaise, d’un américain d’origine grecque, d’un italo-américain, et de deux forts gamins du Middle West. Ils surpassaient tous les autres équipages que ce soit à la pagaie, à la course ou à la nage. Les grands hommes dans les autres équipages s’amusaient toujours avec bon naturel des toutes petites palmes enfilées sur les tout petits pieds avant chaque nage. Mais on ne sait comment, ces petits gars, de tous les coins de la nation et du monde, riaient toujours en dernier – nageant plus vite que tout le monde et atteignant le rivage bien avant le reste d’entre nous.

Cette formation des membres des forces spéciales était un grand égalisateur. Rien ne comptait sauf votre volonté de réussir. Votre couleur, votre origine ethnique, votre éducation ou votre statut social n’entraient pas en ligne de compte.

Donc, si vous voulez changer le monde, évaluez une personne par la taille de son cœur, pas celle de ses palmes.

4) Si vous voulez changer le monde, surmontez le fait d’être un cookie au sucre et continuez à avancer.

Plusieurs fois par semaine, les instructeurs mettaient la classe en rang et procédaient à une inspection d’uniforme. C’était exceptionnellement minutieux. Votre chapeau devait être parfaitement amidonné, votre uniforme impeccablement repassé et votre boucle de ceinture brillante et sans tâches. Mais il semblait que peu importe les efforts que vous produisiez pour amidonner votre chapeau, repasser votre uniforme ou lustrer la boucle de votre ceinture – ce n’était tout simplement jamais assez bon. Les instructeurs trouvaient toujours «quelque chose» qui n’allait pas.

Pour avoir raté l’inspection d’uniforme, l’étudiant devait courir tout habillé dans la zone des brisants puis, mouillé de la tête aux pieds, rouler sur la plage jusqu’à ce que chaque partie de votre corps ait été recouvert de sable. L’effet était connu sous le nom de “cookie au sucre.” Vous restiez dans cet uniforme le reste de la journée – froid, humide et sablonneux.

Il y avait beaucoup d’élèves qui ne pouvaient tout simplement pas accepter le fait que tous leurs efforts soient vains. Que peu importe combien d’efforts ils fournissaient pour rendre leur uniforme impeccable, ce n’était pas apprécié à sa juste valeur. Ces élèves ne survivaient pas à cette formation. Ils ne comprenaient pas le but de l’exercice. Vous n’alliez jamais réussir. Vous n’alliez jamais avoir un uniforme parfait.

Parfois, peu importe la qualité de votre préparation ou la quantité d’efforts produits, vous finissez toujours en cookie au sucre. C’est juste la façon dont la vie est parfois.

Donc, si vous voulez changer le monde, apprenez à surmonter le fait d’être un cookie au sucre et continuez à avancer.

5) Si vous voulez changer le monde, ne pas avoir peur des cirques.

Chaque jour de l’entraînement vous étiez confrontés à de multiples défis physiques – longues courses, longues nages, parcours d’obstacles, des heures de gymnastique – quelque chose conçu pour tester votre courage. Chaque défi avait des standards – ils devaient être réalisés dans des temps précis. Si vous échouiez à les respecter, votre nom était publié sur une liste et à la fin de la journée ceux de la liste étaient invités à un «cirque». Un cirque était constitué de deux heures supplémentaires de gymnastique dont le but était de vous démoraliser, de vous briser mentalement, de vous forcer à abandonner.

Personne ne voulait un cirque.

Un cirque signifiait que ce jour-là vous n’aviez pas été à la hauteur. Un cirque signifiait plus de fatigue – et plus de fatigue signifiait que le lendemain serait encore plus difficile – et que vous seriez susceptible de subir d’autres cirques. Mais à un certain moment au cours de la formation des membres de des forces spéciales, tout le monde – tout le monde – se retrouve sur la liste du cirque. Mais une chose intéressante est arrivée à ceux qui étaient constamment sur cette liste. Avec le temps, ces élèves – qui ont fait deux heures de supplémentaires de gymnastique – sont devenus de plus en plus forts. La douleur des cirques construit une force intérieure et une résilience physique.

La vie est remplie de cirques. Vous allez échouer. Vous allez probablement échouer souvent. Ce sera douloureux. Ce sera décourageant. Parfois, ce sera un test pour votre cœur même.

Mais si vous voulez changer le monde, n’ayez pas peur des cirques.

6) Si vous voulez changer le monde, vous devrez parfois vous lancer tête la première.

Au moins deux fois par semaine, on demandait aux élèves de courir une course d’obstacles. Le parcours d’obstacles comprenait 25 obstacles dont un mur de 3 mètres de haut, un filet de 10 mètres, et un couloir de fil de fer barbelé sous lequel ramper, pour n’en nommer que quelques-uns. Mais le défi le plus difficile était la glissage pour la vie. Il y avait une tour de 10 mètres avec trois niveaux différents d’un côté et une tour à un seul niveau de l’autre. Entre les deux il y avait une corde de 60 mètres. Vous deviez gravir la tour à trois niveaux et une fois en haut, prendre la corde, vous balancer en-dessous et avancer une main après l’autre jusqu’à ce que vous atteigniez l’autre extrémité.

Le record de la course d’obstacles avait tenu pendant des années quand ma classe a commencé sa formation en 1977. Le record semblait imbattable, jusqu’à ce qu’un jour, un élève a décidé de parcourir le principal obstacle tête la première. Au lieu de balancer son corps sous la corde et faire son chemin vers le bas comme les autres, il monta bravement sur la corde et se poussa lui-même vers l’avant.

C’était un mouvement dangereux – apparemment insensé, et plein de risques. Un échec pouvait signifier une blessure et la fin de la formation. Sans hésitation, l’élève a glissé en bas de la corde avec une rapidité périlleuse. Au lieu de plusieurs minutes, il ne lui a fallu que la moitié du temps et à la fin de l’épreuve il avait battu le record.

Si vous voulez changer le monde, vous devrez parfois vous lancer tête la première.

7) Si vous voulez changer le monde, ne reculez pas devant les requins.

Pendant la phase de formation sur la guerre terrestre, les élèves sont transportés en avion vers l’île de San Clemente, qui se trouve au large de la côte de San Diego. Les eaux au large de San Clemente sont un terrain fertile pour les grands requins blancs. Pour valider la formation il y a des séries de longues nages qui doivent être accomplies. L’une d’elle consiste à nager la nuit.

Avant la nage les instructeurs enseignent joyeusement aux élèves toutes les espèces de requins peuplant les eaux au large de San Clemente. Ils vous assurent, cependant, qu’aucun élève n’a jamais été mangé par un requin – du moins pas récemment. Mais l’on vous apprend également que si un requin commence à encercler votre position, restez où vous êtes. Ne fuyez pas. N’agissez pas sous l’effet de la crainte. Et si le requin, cherchant une collation de minuit, fonce vers vous, rassemblez toute votre force et frappez-le sur le museau. Il virera et ira nager plus loin.

Il y a beaucoup de requins dans le monde. Si vous espérez terminer votre nage, vous devrez traiter avec eux.

Donc, si vous voulez changer le monde, ne reculez pas devant les requins.

8) Si vous voulez changer le monde, vous devez être au plus fort dans le moment le plus sombre.

En tant que membres des forces spéciales de la marine, l’une de nos tâches consiste à mener des attaques sous-marines contre les navires ennemis. Nous pratiquions cette technique fréquemment lors de la formation initiale. La mission d’attaque de navire consiste à déposer une paire de plongeurs en dehors d’un port ennemi, puis de nager plus de trois kilomètres – sous l’eau – n’utilisant rien d’autre qu’une jauge de profondeur et une boussole pour se rendre à destination.

Pendant toute la nage, même bien en-dessous de la surface, il y a un peu de lumière qui passe au travers. Il est réconfortant de savoir qu’il y a un espace ouvert au-dessus de vous. Mais comme vous approchez du navire, qui est lié à une jetée, la lumière commence à disparaître. La structure en acier du navire bloque la lumière de la lune, elle bloque la lumière des lampes des rues tout autour, elle bloque toute lumière ambiante.

Pour réussir dans votre mission, vous devez nager sous le navire et trouver la quille – la ligne centrale et la partie la plus profonde du navire. C’est votre objectif. Mais la quille est aussi la partie la plus sombre du navire, où vous ne pouvez pas voir votre main devant votre visage, où le bruit de la machinerie du navire est assourdissant et où il est facile d’être désorienté et d’échouer.

Chaque membre des forces spéciales de la marine sait que sous la quille, au moment le plus sombre de la mission, est justement le moment où vous devez être calme et composé – c’est lorsque toutes vos compétences tactiques, votre puissance physique et toute votre force intérieure doivent être amenées à supporter l’épreuve.

Voilà pourquoi si vous voulez changer le monde, vous devez être au plus fort dans le moment le plus sombre.

9) Si vous voulez changer le monde, commencez à chanter quand vous êtes le cou dans la boue.

La neuvième semaine de formation est appelé “Hell Week” (semaine de l’Enfer). Cela consiste en six jours sans sommeil et un harcèlement physique et mental constant ainsi qu’un jour spécial dans les vasières – ces vasières sont situées dans la région entre San Diego et Tijuana, où l’eau ruisselle et crée le Tijuana Slues – un terrain marécageux où la boue vous engloutit.

C’est le mercredi de la semaine de l’Enfer que vous pagayez vers les vasières et passez les 15 heures suivantes à essayer de survivre à la boue gelée, les hurlements du vent et la pression incessante des instructeurs afin que vous abandonniez. Tandis que le soleil commençait à se coucher ce mercredi soir, ma classe de formation, ayant commis une certaine «infraction flagrante des règles» a été ordonnée de se mettre dans la boue.

La boue consommait chaque homme jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien de visible à part nos têtes. Les instructeurs nous disaient que nous en aurions fini avec la boue si seulement cinq hommes abandonnaient – seulement cinq et nous pourrions sortir du froid oppressant. En regardant tout autour, il était évident que certains élèves étaient sur le point d’abandonner. Il restait encore plus de huit heures avant que le soleil ne se lève – huit heures de froid à vous glacer les os.

Les claquement de dents et les gémissements de froid des élèves étaient si forts qu’il était difficile d’entendre quoi que ce soit d’autre. Puis, une voix a commencé à résonner à travers la nuit, une voix qui s’élevait en chantant. La chanson sonnait terriblement faux, mais chantée avec beaucoup d’enthousiasme. Une voix s’y ajouta, puis les deux sont devenus trois et rapidement tout le monde dans la classe chantait. Nous savions que si un homme pouvait s’élever au-dessus de la misère, d’autres le pouvaient tout aussi bien.

Les instructeurs nous ont menacés de rester plus longtemps dans la boue si nous continuions à chanter, mais nous avons persisté. Et en quelque sorte, la boue semblait un peu plus chaude, le vent un peu moins dominant et l’aurore pas si lointaine.

Si j’ai appris quelque chose durant mon temps à parcourir le monde, c’est la puissance de l’espoirLa puissance d’une seule personne – comme Washington, Lincoln, King, Mandela et même une jeune fille du Pakistan, Malala – une personne peut changer le monde en donnant de l’espoir aux gens.

Donc, si vous voulez changer le monde, commencez à chanter quand vous êtes plongé jusqu’au cou dans la boue.

10) Si vous voulez changer le monde ne jamais, jamais faire sonner la cloche.

Enfin, dans la formation des membres des forces spéciales, il y a une cloche. Une cloche de laiton qui pend dans le centre de l’enceinte et qu’il est donné à tous les élèves de voir. Tout ce que vous avez à faire pour abandonner est de sonner la cloche.

Sonnez la cloche et vous n’avez plus à vous réveiller à 5 heures. Sonnez la cloche et vous n’avez plus à subir de baignades glaciales. Sonnez la cloche et vous n’avez plus à faire les courses, la course d’obstacles, vous n’aurez plus à supporter les rigueurs de la formation. Juste sonner la cloche.

Mais si vous voulez changer le monde, ne jamais, jamais sonner cette cloche.

Élèves de la promotion de 2014, vous êtes à quelques instants de votre diplôme. À quelques minutes du début de votre voyage à travers la vie. À quelques moments de commencer à changer le monde – pour le mieux. Ça ne sera pas facile. Mais vous êtes la classe 2014 – promotion qui peut affecter la vie de 800 millions de personnes dans le siècle prochain.

Commencez chaque journée avec une tâche terminée. Trouvez quelqu’un pour vous aider dans la vie. Respectez tout le monde.

Sachez que la vie est injuste et que vous échouerez souvent. Mais si vous prenez certains risques, tenez bon quand les temps sont durs, affrontez les tyrans, défendez les opprimés et n’abandonnez jamais une seule fois – si vous faites ces choses, alors la prochaine génération et les générations qui vont suivre vivront dans un monde bien meilleur que celui que nous avons aujourd’hui.

Et ce qui a commencé ici aura en effet changé le monde – pour le mieux.

Merci beaucoup. 

Hook ’em horns (slogan de l’université du Texas à Austin).

👉 « Si tu veux changer ta vie commence par faire ton lit » est aussi devenu un livre. Vous pouvez le trouver sur :

À propos Valérie

Je m’appelle Valérie, je suis mariée, mère de 3 enfants, et entrepreneure. J’ai co-fondé WeNow, une start-up qui vise à réduire l’impact des déplacements en voiture sur la planète. Pour en savoir plus sur cette aventure : wwww.wenow.com Multi-passionnée, je m’intéresse en particulier à la pédagogie, au développement personnel et à tout ce qui touche aux sciences comportementales ou aux travaux sur le cerveau. Fin novembre 2018, j’ai suivi le forum « Wake up, ou comment arrêter de vivre sa vie à moitié endormie ». J’ai décidé que je voulais vivre une année extraordinaire. Pour cela, je pose des actes à la hauteur de mes ambitions, pour être « le changement que je veux voir dans le monde » comme le suggérait Gandhi.

3 comments on “« Si vous voulez changer le monde, commencez par faire votre lit ! »

  1. Bonsoir Nathalie, j’en prends note, je commence dès demain matin !!! un grand merci à vous.

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  2. Ping : Mettons de l’aventure dans nos vies – Etincelle

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