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Reprenons le temps de penser par nous-même

Un discours de 1936 tellement actuel sur le tourbillon des vies qui nous happent comme un engrenage...

Connaissez-vous le discours de Gap ?

C’est un discours prononcé par l’écrivain Paul Gadenne, en 1936, qui fait réfléchir sur l’importance de prendre du temps pour ne rien faire. Pour lui, c’est dans les interstices qu’on se crée entre deux mouvements, dans les instants « vides » qu’on grandit, qu’on sédimente tout ce qu’on a appris, qu’on apprivoise des idées, des concepts en les tournant et les retournant dans notre tête.

D’une incroyable modernité, il constate – déjà en 1936 – que la plupart des hommes ne supportent ni l’immobilité ni l’attente (et pourtant, en 1936, il n’y avait pas de réseaux sociaux 🤪!).

« Entraîné dans le tourbillon d’une vie qui trop souvent nous happe comme un engrenage, et où certains arrivent à ne plus savoir s’ils dirigent vraiment leur activité ou si c’est leur activité qui les dirige, qui songerait à prendre du recul sur le monde pour l’envisager dans cette vérité plus subtile, dans ce domaine où il n’est que pour lui-même, non plus selon nos gestes, nos besoins, nos désirs, mais seulement selon son existence à lui, loin de nous, dans cette clairière paisible et lumineuse où les bras des hommes cessent d’être tendus et simplement reposent le long de leurs corps ?…

Mais nous ne savons plus arrêter nos gestes ; nous voulons être sûrs que notre cœur bat ses soixante-dix coups par minute, que nous ne perdons rien de ce qu’il faut faire ni de ce qu’il faut voir ; nous n’osons plus pénétrer nulle part les mains dans les poches, de peur d’être pris pour des oisifs. Et nous ne voyons pas qu’en nous hâtant de toucher aux choses et de les prendre, nous risquons de ne plus les comprendre et même de les perdre à jamais… »

Pourtant, rappelle-t-il, c’est justement quand on s’arrête qu’on reprend ce recul, qu’on se pose les bonnes questions…

« Et pourtant c’est seulement dans les instants où il suspend son geste ou sa parole ou sa marche en avant, que l’homme se sent porté à prendre conscience de soi. Ce sont les moments d’arrêt, les points d’arrêt, les stations, les stationnements (…) qui lui apprennent le plus. Toutes les heures où l’on attend ce qui ne doit pas venir, les chemins sans issue, les voyages sans but, les routes désertes, les jours de pluie, les petites rues de province où personne ne passe, les heures de panne, les journées de maladie, en un mot toutes les circonstances où il n’y a rien à faire, où il faut nécessairement s’arrêter et se croiser les bras, toutes les journées de notre vie que le sort a marquées de grands disques rouges, ces journées-là peuvent être pour nous les plus fécondes ; et je ne craindrai pas de dire que le monde appartient à qui sait se tenir immobile. »

Ce qui est plus grave, selon lui, c’est qu’on ne pense plus par nous-même, qu’on accepte des pensées « pré-mâchées », des concepts tout faits, qui ne veulent en fait rien dire tant qu’on ne les a pas réellement vécus, tant qu’on ne les a pas faits nôtres.

« Disons-le très franchement : il n’y a nul profit à tirer de ces notions que nous n’avons pas désirées et qui nous arrivent pêle-mêle, sur le même plan, sans que nous ayons eu à les recréer en nous. (…)

Prenons-nous jamais le temps aujourd’hui, de nous apercevoir que nous avons compris quelque chose ?… On fait tout, au contraire, pour nous apprendre à nous contenter de cette pensée courante, anonyme, qui nous semble le comble de l’actualité et qui nous arrive déjà fanée et vieillie, le temps d’avoir traversé la rue. De sorte que nous avons toute chose à portée de la main, sauf nous-mêmes.« 

Ca m’a rappelé une phrase de mon aîné, qui, vers 15 ans m’avait dit : « maman, tu as beau m’avertir de tout ce qui peut m’arriver, il faut que je le vive pour que je le comprenne…« 

C’est tellement vrai qu’il faut du temps pour comprendre, pour intégrer, pour penser vraiment par soi-même et se forger ses propres idées. Mais ca demande du temps.

Pas facile de se ménager du temps pour réfléchir. Pas facile de ralentir.

C’est un peu ce que j’essaye de faire avec ce blog. Et je vous remercie, vous, lecteurs, de me donner le prétexte d’expliquer des concepts que je découvre…

Avez-vous trouvé, vous, des trucs qui marchent pour vous aider à ralentir dans la vie ? Pas juste une fois ou une semaine. Mais à réellement adopter un rythme plus tranquille ?

Ecoutez le discours de Gap :

Lire le discours de Gap

À propos Valérie

Je m’appelle Valérie, je suis mariée, mère de 3 enfants, et entrepreneure. J’ai co-fondé WeNow, une start-up qui vise à réduire l’impact des déplacements en voiture sur la planète. Pour en savoir plus sur cette aventure : wwww.wenow.com Multi-passionnée, je m’intéresse en particulier à la pédagogie, au développement personnel et à tout ce qui touche aux sciences comportementales ou aux travaux sur le cerveau. Fin novembre 2018, j’ai suivi le forum « Wake up, ou comment arrêter de vivre sa vie à moitié endormie ». J’ai décidé que je voulais vivre une année extraordinaire. Pour cela, je pose des actes à la hauteur de mes ambitions, pour être « le changement que je veux voir dans le monde » comme le suggérait Gandhi.

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