Le MindMapping ou comment apprendre de manière intelligente

Cela fait trèèèèès longtemps que je voulais écrire un article sur le MindMapping. Car c’est une de mes techniques préférées, et je pense sincèrement que c’est l’une des plus puissantes pour apprendre intelligemment et efficacement, pour rédiger des textes construits et argumentés, pour créer et générer des idées. Donc, à apprendre d’urgence à ses enfants !

Le MindMapping, vous en avez certainement déjà entendu parlé. C’est une représentation visuelle des idées et informations sous forme de schéma organisé autour d’un sujet central et des branches qui partent tout autour pour identifier les sujets secondaires, tertiaires… On l’appelle aussi carte mentale, schéma heuristique. 

Heuristique vient du grec εὑρίσκω, eurisko, « je trouve » : le célèbre « Eurêka », d’Archimède. Une carte heuristique est un schéma qui illustre le cheminement de la pensée. Elle connecte les idées entre elles.

En gros, cela ressemble visuellement à un arbre :

Jusqu’à il y a peu, c’était une technique assez peu connue, et surtout très peu répandue dans le monde de l’éducation nationale. Et depuis une ou deux années, je commence à voir apparaître des cartes mentales dans les manuels scolaires (pour résumer un cours par exemple) ou même dans les exercices demandés par les professeurs.

Et je ne peux que m’en réjouir ! Car, pour ma part, je les utilise depuis près de 30 ans ! Oui, oui. Vous avez bien lu. 30 ans. Ca ne nous rajeunit pas tout ca 🙂

Comment apprendre son cours en MindMap ?

Méthode 1 : partir du cours

  • Prenez une feuille vierge, des crayons ou des stylos de couleur. Positionnez-la en format paysage, c’est plus pratique.
  • Au centre, écrivez le titre du cours. Il doit être visible au premier regard. Entourez-le. C’est le coeur de votre MindMap.
  • A partir de ce coeur, faites partir une branche par partie du cours. Cela devrait être plutôt facile car, en général, les professeurs organisent leurs cours en parties et sous-parties. Choisissez un sens dans lequel vous allez tourner autour de votre coeur. Pour ma part, je dessine toujours dans le sens des aiguilles d’une montre. Gardez toujours la même convention, car sinon vous risquez de vous perdre en vous relisant. Essayez de ne pas écrire trop de texte : résumez les titres pour ne garder que l’idée la plus importante. Entourez-les d’une autre manière que le centre. Pour ma part, en général je fais une ellipse autour de mon centre, et des rectangles autour de mes idées principales.
  • Ensuite, autour de chaque idée principale, vous allez faire partir des « sous-branches » : dans chaque partie du cours, identifiez les idées importantes, les dates à connaître, les définitions à apprendre, les noms à retenir, … et écrivez-les autour de l’idée en faisant à chaque fois partir une nouvelle branche secondaire, toujours dans le sens des aiguilles d’une montre.
  • Faites ainsi de suite pour chaque partie du cours.

Voilà, vous avez une idée globale de votre cours.

Demandez ensuite à votre enfant de vous expliquer son cours. Il va parcourir dans son esprit progressivement chaque case de sa feuille et tourner autour. Son discours sera structuré car à chaque fois qu’il chargera d’arborescence, il commencera par l’idée générale qu’il pourra annoncer avant de descendre dans les idées secondaires. C’est ce qu’on appelle une « technique d’amorçage ». Grâce à des stimuli, la mémoire travaille de façon implicite et génère une récupération non consciente de l’information.

Méthode 2 : partir des connaissances de votre enfant

On peut aussi partir dans l’autre sens : partir de ce dont l’enfant se souvient de son cours. Vous écrivez le sujet du cours au centre de la feuille, puis vous le faites revenir dans ses souvenirs. « Reviens dans la classe. Que disait le professeur ? Quelles ont été les questions posées ? Avez-vous fait des exercices ? » Faites-le marquer au fur et à mesure les idées tout autour de sa MindMap. Quand il ne retrouve plus, on revient sur le cahier. Et on fait des allers-retours entre la MindMap, ses souvenirs et le cahier.

Cela peut vous surprendre au début, mais sachez que c’est comme cela que fonctionne votre cerveau. En ramifications, branches, réseaux d’idées. Votre cerveau adore les associations d’idées et partir dans tous les sens.

Voici quelques exemples de MindMap. Attention : la forme et le contenu sont forcément très personnels. Vous ne feriez sans doute pas les mêmes, mais cela vous donne une idée. C’est aussi pour cela qu’il vaut mieux les réaliser soi-même que de les emprunter à quelqu’un d’autre !

Quelques recommandations importantes 

Utilisez des couleurs !

Votre cerveau aime particulièrement les couleurs et retient bien mieux ce qui est coloré que le noir et blanc. Identifiez des couleurs pour chaque partie.

Nous avons tous des couleurs associées à des idées ou des concepts, quand on y réfléchit bien. Par exemple, pour moi, l’histoire est associée au jaune, la biologie au vert, le français au bleu… Mais c’est très personnel. C’est intéressant de s’appuyer sur ces associations mentales favorites pour favoriser la mémorisation.

Vous pourrez conserver cette même teinte (en la dégradant par exemple) pour tous les sujets des niveaux inférieurs afin de faciliter la visualisation, optimiser l’analyse et favoriser la mémorisation.

Utilisez un seul mot par branche !

N’écrivez pas des phrases, mais des concepts. Synthétisez-les en un mot ou deux. Une bonne partie de l’intelligence du travail consiste dans la sélection de ce concept qui synthétise l’idée. Si, dans vos premières MindMaps vous ne réussissez pas à résumer en quelques mots, faites une phrase, mais courte. Puis essayez progressivement de passer à un à 5 mots maximum.

Faites des dessins !

Un petit dessin vaut mieux qu’un long discours !  Je vous renvoie à mon article qui a beaucoup plu sur les moyens de mémorisation.

Usez et abusez des dessins. Ils vous permettent de clarifier encore plus vos concepts, et d’être encore plus percutants et plus lisibles. Il est même possible de réaliser votre MindMap avec uniquement des dessins. Cela vous aidera encore mieux à mémoriser. Point besoin d’être Picasso ou Leonard de Vinci. Les dessins sont pour vous. Si vous les comprenez, c’est exactement ce qu’il vous faut.

Organisez vos idées en 5 strates maximum 

Afin d’optimiser la visualisation et la mémorisation, il est conseillé de limiter le nombre de niveaux hiérarchiques à 4 voire 5 tout au plus. Morcelez, si besoin, la réflexion en plusieurs MindMaps afin que la carte reste lisible.

Créer des passerelles entre différents sujets secondaires

Il peut être utile de relier différents items/sous-items entre eux. Des passerelles auxquelles personne n’avait pensé jusque lors et qui peuvent apparaitre. 

Pourquoi suis-je aussi fan de cette méthode ? 

  • Parce que le MindMapping est la méthode qui est la plus proche de la manière dont fonctionne notre cerveau. Cela vous arrive-t-il de commencer un raisonnement et, tout d’un coup, de dériver sur tout autre chose car une idée vous en avait amené une autre ? Tony Buzan, psychologue anglais, est l’inventeur du concept de MindMapping®. Il est parti d’une idée simple : le langage du cerveau est l’association. Le cerveau fonctionne en arborescence dynamique : une idée naît au centre du cerveau puis qu’elle explose dans toutes les directions. Il ne fonctionne pas de manière totalement linéaire avec un grand 1, petit 1, petit a, … Ne vous êtes-vous pas déjà retrouvés en train d’écrire une liste et puis une nouvelle idée est arrivée, et vous n’aviez plus d’espace pour la noter, alors vous avez essayé de l’écrire avec un astérisque, en tout petit, entre les lignes… Si, si, je suis sûre que cela vous est arrivé 🙂
  • Parce qu’elle permet de représenter les idées de manière claire et organisée, en une seule page. Elle remplace avantageusement les « fiches de révision ». Et c’est beaucoup plus facile d’apprendre un cours ou de le réviser s’il contenu en une seule page que si on doit parcourir plusieurs pages.
  • Parce que c’est une méthode qui demande à l’enfant d’apprendre de manière intelligente. Elaborer une MindMap l’oblige à trier, sélectionner les points importants, hiérarchiser, organiser, structurer et mettre en lien les informations d’un contenu. Ce n’est plus du par coeur, mais il doit reformuler avec ses mots. Cette démarche cognitive et personnelle favorise la compréhension et un réel apprentissage durable. C’est la différence avec la révision simple en vue d’une interrogation.

Regardez ce reportage sur l’enseignement en Finlande… C’est édifiant !

A quoi cela sert-il ?

Pour ma part, j’utilise les MindMaps depuis le collège. Cela m’a servi à :

  • apprendre mes cours 
  • construire des rédactions structurées : sur le brouillon, on écrit au centre de la MindMap le sujet à traiter; puis on jette toutes les idées qui nous viennent sur le sujet tout autour. Ensuite, on relit sa MindMap, et on commence à l’organiser en créant des liens entre les idées (c’est une idée principale -> je fais un trait vers le coeur du sujet / c’est plutôt une idée secondaire -> je fais un trait vers l’idée principale à laquelle elle se rattache). Le plan se crée au fur et à mesure. Cela m’a toujours paru plus facile que de rajouter des bullets points sur un plan linéaire (faute de place). Pour s’aider, on peut aussi écrire le sujet au centre, puis écrire sur chacune des branches autour :  Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Combien ? Pourquoi ? » et y répondre avec les idées forces de son cours…
  • Construire des exposés : si on construit ses exposés sous forme de MindMap, on n’a plus besoin de papier quand on passe à l’oral : on n’a plus qu’à parcourir mentalement chacune des parties.
  • Résumer des textes : de la même manière que l’on crée une rédaction construite, il suffit poser toutes les informations sur le papier autour du coeur de la MindMap en lisant le texte. Puis, après cette première lecture/note, on reprend la MindMap, et on identifie ce qui est une idée vraiment importante et ce qui est une idée secondaire (elle se rattache assez facilement à une autre idée pour la compléter). Pour écrire le résumé, il suffira de se concentrer sur les premières branches du MindMap.
  • Mémoriser des livres : un chapitre, une branche. Pour chaque branche, les idées principales deviennent les sous-branches.
  • Une fois que cette technique de MindMap est acquise, il est possible de prendre des notes en MindMap directement en classe, plutôt que prendre des notes linéaires.

Et de manière générale, c’est utile dans ma vie de tous les jours aujourd’hui. Cela m’aide à

  • trouver des idées nouvelles,
  • clarifier ma pensée,
  • Organiser mes idées pour voir l’essentiel, et naviguer entre “Big Picture” et points de détail,
  • réaliser une présentation client, lancer des projets, créer des produits,
  • construire et mémoriser des discours : pour cela, je fais souvent un premier jet en MindMap, puis je tape un premier discours que je teste à lisant à l’oral pour voir combien de temps il prend et de combien je dépasse le temps imparti, puis je reviens sur ma MindMap, je supprime certaines idées pour rentrer dans le temps imparti. Je suivrai ensuite dans mon esprit ma carte mentale durant mon pitch…

C’est le psychologue et éducateur anglais Tony BUZAN qui a diffusé le concept de Mind Map dans les années 1970. Avant lui, Léonard de Vinci ou Darwin produisirent aussi des dessins rappelant les cartes mentales.

Et voila ce que donne mon article en MindMapping :

Et vous, connaissiez-vous cette technique ? L’utilisez-vous ? Avez-vous essayé avec vos enfants ? Partagez votre expérience en commentaires !

Commentaires

9 comments on “Le MindMapping ou comment apprendre de manière intelligente”
  1. Labdi Abdeldjelil dit :

    Bravo Valérie pour ce magnifique article qui va être d’une grande utilité pour beaucoup de personnes. J’utilise moi-même une méthode qui ressemble beaucoup à la votre dans ses fondements : Comment mieux mémoriser pour apprendre plus. Et la cerise sur le gâteau, vous venez de décrire de manière élégante votre Mode Opératoire Itératif et Identitaire appelé également le Mo2i découvert par Joël Guillon. Le Mo2i est notre façon de fonctionner et d’agir. Il n’y a pas deux personnes qui ont le même Mo2i car il est unique pour chaque personne. Le Mo2i se forme entre 0 et 16 ans et puis c’est fini, c’est notre mode automatique de fonctionnement pour la vie. On peut intégrer les Mo2i des au notre, lorsqu’il y a cohérence, ce ne sera pas toujours le cas. Et enfin, le grand Bonus, notre domaine ou zone d’excellence ou encore zone de talent est celle où on met en oeuvre notre Mo2i avec aisance, facilité et plaisir. Merci pour votre partage.

    Aimé par 1 personne

    1. Valérie dit :

      Oh la la, merci pour ce commentaire !!! Je ne connais pas du tout le Mo2i ! Je vais me renseigner, car cela m’intéresse vivement. Je serais ravie de pouvoir éventuellement vous interviewer à ce sujet.

      Aimé par 1 personne

      1. Labdi Abdeldjelil dit :

        Interviewer le concepteur du Mo2i en l’occurrence Joël Guillon serait plus approprié. Moi je n’ai fait que découvrir émerveillé ce nouveau concept que je vous ai partagé dans mon commentaire. M’interviewer sur mon Mo2i, oui pourquoi pas. Excellente journée à vous Valérie.

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  2. Orvain Philippe dit :

    Toujours d’excellents conseils…merci Valérie.

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    1. Valérie dit :

      Un énorme Merci Philippe 🙂

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  3. clairefollenfant dit :

    Merci pour cet article. Le mind mapping est en effet un outil très utile.
    Je suis coach scolaire et j’enseigne une méthode d’apprentissage pour « apprendre à apprendre » et basée sur la pédagogie PNL. Cette méthode permet d’utiliser les dessins sous forme de « fresques » pour mémoriser, comprendre, réfléchir et exprimer d’une manière concrète, rapide et très efficace.
    Le mind mapping me semble plus orienté sur la prise de notes et l’organisation des idées. Nos fresques sont réalisées de manière très spécifique afin de permettre une mémorisation optimale et de faire beaucoup de liens pour amener à la réflexion.
    Merci pour ces outils qui aident les enfants et surtout ceux les plus en difficultés.

    Aimé par 1 personne

    1. Valérie dit :

      Bonjour, et merci d’avoir pris le temps d’écrire ce commentaire ! Je ne connais pas cette technique de la fresque. Je vais me renseigner. Mais si cela vous intéresse de partager cette technique pour donner envie à d’autres de la connaître, je serais ravie de vous interviewer à ce sujet 🙂 Ce que je constate chez mes enfants, c’est que l’organisation du MindMapping leur permet à la fois d’apprendre leurs cours, mais aussi de se souvenir de détails qui seraient « partis à la trappe » sinon.

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      1. clairefollenfant dit :

        Bonsoir. Vous ne trouverez sans doute pas grand chose sous cette appellation. Il s’agit des stratégies d’apprentissage issues de la pédagogie PNL. Avec cette méthode, les éléments sont présentés de manière séquentielle et non en arborescence afin d’avoir une compréhension et une mémorisation instantanées et favoriser les associations et la réflexion. Je suis tout à fait disposée à vous donner plus de renseignements.

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  4. Solenne dit :

    Voilà un sujet qui m’intéresse énormément, moi qui ai eu tant de mal à retenir mes leçons petite.
    J’ai tenté cette semaine de reprendre les leçons de grammaire de base avec mon petit Ce1, en cours de diagnostic dys.
    j’ai mêlé carte mentale et dessins, avec les couleurs qu’il me dictait.
    Au final, je ne sais pas s’il a bien retenu, mais au moins le moment des devoirs a été un bon moment: et c’est toujours ça de pris! 😉

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